25/06/2016

Trois législatures au Grand Conseil…

Hier, j’ai quitté le Grand-Conseil.

Mes raisons sont professionnelles : dans le contexte économiquement tendu que vit la construction, je dois aujourd’hui consacrer toute mon énergie à mes entreprises, Rhône-Electra SA et Rhône-Electra Engineering SA.

25-06-2016 18-26-26.jpgJe pars sur un double succès, la Traversée du Lac et le contreprojet mobilité, des projets que j’ai portés et qui ont été acceptés par le peuple ce 5 juin 2016.

Je l’avoue sans fausse modestie, je suis fier de ce que j’ai accompli.

Aujourd’hui, j’aimerais vous livrer quelques réflexions qui m’ont été inspirées par cette aventure politique sur trois législatures.

Au-delà des discours parfois polémiques et provocateurs, nous avons tous des valeurs semblables :

  • Personne ne veut privilégier les étrangers par rapport aux résidents
  • Personne ne veut mettre en danger la planète
  • Personne ne veut affaiblir notre économie
  • Personne ne veut précariser davantage les plus démunis

Le compromis sur la mobilité a prouvé qu’il est possible, même sur un sujet aussi polarisé que les transports, de donner à l’autre ce qu’il veut tout en préservant ses propres fondamentaux.

C’est possible, à condition d’écouter les demandes de nos adversaires
et de réfléchir honnêtement aux moyens d’aller dans leur sens.

Laissez-moi paraphraser Martin Luther King : « I have a dream… »

  • Je rêve que ce que nous avons réussi à faire autour du projet mobilité devienne la règle plutôt que l’exception.
  • Je rêve que des chefs de partis de tendances opposées se réunissent pour négocier dans quelles conditions ils peuvent faire avancer Genève.
  • Je rêve que sur un sujet largement plébiscité comme la Traversée du Lac, la gauche nous contacte en disant : « Le peuple l’a voulue, nous sommes prêts à la soutenir, voici nos conditions… »
  • Je rêve qu’à droite on ne réponde pas : « On a gagné, vos conditions sont irréalisables, on fera ce qu’on veut !»
  • En bref, je rêve qu’on négocie plus et qu’on s’affronte moins

Nous nous confrontons à des adversaires idéologiques, mais nous devons nous souvenir qu’ils sont aussi nos partenaires politiques.

Je terminerai en citant le député libéral et ancien président du parlement René Koechlin qui, en un temps où les clivages étaient plus simples, a dit :

« Lorsque les libéraux et les socialistes avancent main dans la main, rien ne peut les arrêter »

Aujourd’hui il faut un peu plus de mains, mais cela n’en reste pas moins vrai.

A mes anciens compagnons de route, à tous ceux de tous bords, qui ont le courage, le temps et l’énergie de continuer à s’investir pour faire avancer Genève je dis bravo et merci.

Même si le rythme parlementaire est frustrant, même s’il faut perdre souvent pour gagner quelques fois, ce que vous faites est important, c’est la définition même de la démocratie, c’est ce qui fait la force de notre beau pays, de notre république.

Bonne continuation.

Vive Genève !

05/06/2016

Merci !

Merci.jpg

21/05/2016

L’IN 154 : un pas en arrière pour la mobilité douce !?

Les acquis des cyclistes remis en question par une autre initiative mal ficelée

Hier j’ai été contacté par une journaliste de la NZZ qui voulait mon avis sur la dernière Genferei :

L’IN154 « Pour des transports publics plus rapides ».

En tant qu’artisan du contreprojet je ne suis certes pas en faveur de cette initiative, mais de là à la taxer de Genferei…
J’ai donc demandé à la journaliste de m’expliquer ce qu’elle entendait par là.

BUS pasVELOS.jpg« Selon ses contacts téléphoniques avec les autorités, m’a-t-elle répondu, une application stricte de l’initiative, qui demande une priorité absolue pour les transports publics sur l’ensemble du canton, résulterait en une interdiction de circuler sur les voies de bus pour tous les autres modes de transports, ce qui inclut les vélos ! ».

Effarant !

Ce n’était certainement pas l’intention des initiants, Verts et défenseurs du vélo. Il est vrai cependant que lorsque l’on inscrit un texte dans la constitution il est de bon ton d’en vérifier les conséquences.

On a vu le résultat quand les initiants ne le font pas, comme l’AVIVO avec son initiative pour une baisse des tarifs TPG qui résulte, in fine, en une baisse de prestation des transports publics !

Un argument de plus en faveur du contreprojet, la « Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée » qui ne souffre pas du même défaut.

Rappel du texte de l’IN 154 :
Art. 190, al. 5 (nouveau)
Il (le Conseil d’Etat) aménage le réseau et règle la circulation routière pour donner la priorité aux transports publics.
Le texte correspondant dans le contreprojet :
Art. 7, al. 2
En zone I et II (le centre et l’hypercentre), la priorité en matière de gestion du trafic et d’aménagement des réseaux est donnée à la mobilité douce et aux transports publics.

 

A bon entendeur!

28/04/2016

RBI, et si on en parlait ?

Selon les initiants, le Revenu de Base Inconditionnel coûtera 200 milliards.
Par an.

Les adversaires avancent évidemment des coûts plus importants. Qu’importe, de toute façon la somme est gigantesque

Sur leur site, les initiants proposent un certain nombre de « solutions » pour financer le RBI:

Dans chacun des articles ci-dessus, directement tirés de leur site officiel, les initiants développent une argumentation très complète qui se ramène à une seule idée fondatrice :

Augmenter les taxes ou les impôts

A ce stade un raisonnement mathématique élémentaire s’impose :

Question : Combien faut-il prendre à chaque Suisse pour donner 2’500.- francs à chaque Suisse ?

Réponse : 2’500.- francs !

Quand on leur dit que l’opération est donc nulle, les initiants répondent qu’ils veulent également taxer les entreprises.

Mais quand on taxe une entreprise, celle-ci n’a que deux méthodes pour compenser le manque à gagner : augmenter ses prix ou diminuer le salaire (ou le nombre) de ses collaborateurs. On en revient donc à un point fondamental : quelle que soit la méthode choisie, ce sont les personnes physiques qui supporteront la charge de cette taxe.

C’est là que les initiants sortent du bois pour expliquer ce qui se cache réellement derrière leur idée : Tout le monde ne paye pas les mêmes impôts et taxes, ce sont les riches qui financeront le RBI des pauvres.

Le dialogue fictif suivant, tiré de leur site officiel, ne laisse aucune place au doute :

« 200 milliards? Alors que le PIB de la Suisse est d’environ 650 milliards? Ça représente presque le tiers du PIB. Mais c’est de la folie furieuse!

 

On se calme! Il ne s’agit pas de trouver 200 milliards supplémentaires, mais bien de réformer la clé de répartition de ce PIB. Pour faire simple, il s’agit d’appliquer le principe dit de «Robin Hood»: prendre aux riches pour donner aux pauvres

 

Au fond, cette idée s’apparente au salaire minimal, déjà refusé par la population Suisse à plus de 76 %. La seule différence c’est que pour toucher le salaire minimum, il fallait au moins travailler !

A bon entendeur !

06/12/2015

Le parlement genevois vote un accord historique sur les transports !

Dans notre canton au territoire exigu, la mobilité est un enjeu majeur. Elle impacte le confort des habitants, la productivité des entreprises, le tourisme et le commerce.

D’un point de vue politique, elle se décline par une série de projets sectoriels qui tentent d’améliorer au coup par coup tantôt la sécurité des cyclistes, tantôt l’efficacité des transports publics ou encore la fluidité des déplacements automobiles. Ces projets tendent à interférer entre eux car ils ne prennent en compte qu’un seul pan de la mobilité.
Le boulevard des Acacias, la rue de Lausanne ou encore les aménagements catastrophiques de la gare Cornavin sont des exemples frappants de ce qu’on obtient lorsque l’on essaye de mettre sur chaque route un trottoir, une piste cyclable, une ligne de transports publics et une voie de circulation automobile: un blocage total!

PL 11769_Page_1.jpgLa politique genevoise de la mobilité est surtout caractérisée , depuis plus de 20 ans, par un cruel manque de vision d’ensemble.

C’est de ce constat qu’est né le fameux « compromis sur la mobilité » ou, pour lui donner son titre exact, la « Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée (Contreprojet à l’IN 154) » dont vous pouvez trouver le texte complet en cliquant l’image ci-contre.

Pourquoi un compromis?

Parce que chaque parti, en fonction de ses orientations, pense détenir LA solution:

  • YAKA forcer tout le monde à prendre les transports publics
  • YAKA empêcher les frontaliers d’entrer
  • YAKA arrêter de créer des empêchements de circuler en bagnole
  • FAUKON crée des pistes cyclables partout pour augmenter l’attractivité de la mobilité douce

Chacune de ces propositions comporte certains mérites mais s’inscrit dans cette logique sectorielle qui ne peut, à elle seule, résoudre le problème.

L’augmentation programmée du transport individuel motorisé condamne la bonne vieille philosophie des années 60-70 du « tout à la bagnole »: la voirie non extensible ne permet plus d’absorber l’augmentation du trafic. Les 275’000 mouvement quotidiens à travers nos frontières matin et soir sont un réel problème mais Genève a besoin des ses frontaliers et si on ne veut pas qu’ils viennent tous en voiture, il faut leur proposer des alternatives attractives.
Les transports publics et la mobilité douce représentent une partie de la solution, mais pour diverses raisons, ils ne peuvent convenir à tous.

Le contreprojet, rédigé par un groupe d’élus qui ont décidé de mettre de côté leur différences pour tenter de trouver des solutions qui prennent en compte l’ENSEMBLE des modes de transports, est un gigantesque bond en avant pour la mobilité genevoise.

Le contreprojet fait des choix:

  • Il donne la priorité aux transports publics au centre, là où ils sont le plus efficace
  • Il garantit l’accessibilité du transport individuel motorisé en instaurant des axes dédiés à la fluidité
  • Il prend en compte les besoins du trafic professionnel
  • Il redirige le trafic de transit passant par le centre en instaurant une moyenne ceinture homogène et lisible qui le contourne
  • Il propose des alternatives attractives pour les frontaliers en instaurant des bus à haut niveau de service sur les axes transfrontaliers en parallèle avec la construction de P+R à la périphérie pour les inciter à abandonner leurs véhicules.
  • Il garantit des itinéraires sécurisés pour la mobilité douce et les piétons

A Genève, il y a a peu près autant d’ingénieurs de la circulation que de citoyens, il va donc de soi que de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer le projet. Chacun y va de sa vision, demandant à ajouter tel article, à supprimer ou modifier tel autre. La plupart de ces propositions ne sont pas dénuées de bon sens mais elle ne font pas l’objet d’une quelconque majorité politique et restent donc inapplicables.

La force du compromis trouvé c’est que, même si deux articles ont été modifiés, il reste à 98% conforme à ce sur quoi les partis étaient tombés d’accord.

Lors du vote, en 2016, sur l’initiative des Verts et son contreprojet, les citoyens genevois ne se tromperont pas en choisissant le premier projet cohérent de mobilité depuis des décennies par dessus une initiative sectorielle de plus qui, en améliorant les transports publics, risque d’impacter négativement tous les autres modes de déplacement.