21/11/2011

Salaire minimal: la fin des working poor?

Si on en croit la gauche, l'introduction du salaire minimal serait la panacée pour combattre le dumping salarial, le phénomène des travailleurs pauvres, voire même le chômage.

Alors ? Le salaire minimal : avancée sociale ou fausse bonne idée ?


Observons tout d'abord d'où nous partons. Genève offre un niveau de salaire élevé (le salaire médian est de plus de 6'800.-,) le taux de chômage, de 5,6%, est en diminution par rapport à 2010 et le canton a relativement bien résisté à la dernière crise, en continuant à créer de l'emploi. En dépit d'un ralentissement ce trimestre, la masse salariale est en augmentation par rapport à 2010. Genève ne connaît pas de salaire minimum mais enregistre plus de 130 conventions collectives, dans des domaines aussi variés que le commerce, le bâtiment, le nettoyage, les parcs et jardins ou encore l'horlogerie. Ces conventions proposent bien souvent des salaires supérieurs à ceux qui sont définis dans le reste du pays.

Observons maintenant la situation de notre voisin français, qui connaît depuis des décennies le système du salaire minimum, à travers le SMIC. D'un montant brut de 1'365 euros (soit environ 1'700 francs), le SMIC concerne aujourd'hui 1 personne sur 6 (contre 1 français sur 10 il y a quelques années). Le salaire médian y est à peine plus élevé, puisqu'il était de 1'770 euros en 2009. Le taux de chômage avoisine quant à lui les 10%.

Alors, le modèle français vous tente toujours ? Etes-vous vraiment prêt à jeter le bébé avec l'eau du bain, pour un système qui nivelle les salaires par le bas et qui, au fil des ans, devient la norme en matière de salaire ?

Pour ma part, je refuserai très clairement le piège du salaire minimum et dirai NON le 27 novembre prochain.

 

Commentaires

Première partie : Bonnes intentions. A condition d'ignorer la réalité.
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Les tenants du salaire minimun pensent mettre en oeuvre le principe qui veut que l'on doit pouvoir vivre de son salaire. Pourtant c'est là une erreur, ils partent bien plutôt du principe que l'on doit pouvoir échapper à la nécessité de subventions monétaires, les subventions en nature étant, elles, parfaitement admises.

Et elles sont importantes.

Ecole publique pour les enfants, dans les 15'000 francs, par an et par enfant. Transport public : les TPG ne financent aucun investissement et sont subventionnés a moitié pour les frais de fonctionnement. Prix de revient du billet : plus de 10 francs. Hôpital : subventionné à plus de 50 %. Police. Justice. Voirie. Club de foot. Maison des jeunes, de la culture. Et j'en passe.

Ces subventions en nature sont payées par des contribuables. L'argent de certains est prélevé par l'Etat et l'Etat, à son tour, fourni les prestations à tous, même à ceux qui n'ont guère contribué.

Pourquoi honnir la redistribution en espèce et non celle en nature ? Pour que le travailleur salarié retrouver sa fierté. Mais que vaut la fierté fondée sur un déni de réalité ?

A Genève, on en n'est à environ 20'000 de dépenses par an et par habitant. Environ 11'000 proviennent de l'impôt sur les revenus et la fortune des personnes physique. Papa, maman, deux enfants : 44'000 francs. Quel salaire pour payer 44'000 francs d'impôt ? Salaire minimun du père de famille à plus de 20'000 francs par mois. Autrement, fierté ou pas, il y a subvention de l'Etat et entraide de la collectivité. Et c'est bien. Foin de pudeurs hypocrites. Imposer un salaire minimun permettant de vivre est un leurre dans notre société. Le motif invoqué tombe à faux, sauf pour les adeptes de la politique de l'autruche.

Reste la question de l'efficience économique. Faut-il redistribuer par l'imposition d'un salaire mimimum ou bien par l'impôt, qui est, si besoin est, redistribué en espèce.

Écrit par : CEDH | 19/11/2011

A noter ici que

CEDH, dont on suppose ici (blogeur TdG connu) qu'il s'agit d'un frontalier,
n'a pas affiché la "deuxième partie" de son commentaire.

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

en Suisse nos systèmes de protection dans le domaine de l'emploi sont répartis par secteurs.
Contrairement à l'Allemagne où j'ai été employée d'état, avec ses réseaux de syndicats,
et contrairement à la France,
la Suisse donne un haut pouvoir de gestion de l'emploi aux employeurs.

Sauf qu'à Genève,
il s'avère que le marché de l'emploi est aux mains d'agences de placements prêtes à niquer les travailleurs temporaires de leurs obligations dès contrat signé (type impôt à la source), allant rogner jusqu'à 1'000Chf/mois sur salaire

et là, on ne parle pas des autres combines appliquées par ces agences d'emploi de la place

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

Comment fixer un niveau salarial minimum suisse? ce qui pose problème, ce sont les références déjà existentes, déjà fixées par ex. pour les nettoyeurs de surface: pour qui j'ai travaillé en 1985, et postulé en 2010, sénior qualifié mais au chomage, en désespoir de cause.

années 2000 où des cadres français de multis me proposèrent ce salaire de base fixé pour des employés préposés au nettoyage de bureaux.

Sauf qu'en 1987 où je recherchais une nounou, ce fut une portuguaise qui répondit, incapable de parler français mais exigeant d'être payée 30CHF/h, tout en n'étant pas dispo entre midi & 14h pour assurer la caisse du magasin de son époux

Sauf qu'en 2010, cette agence d'emploi me recruta pour un emploi d'assistante juridique trilingue, diplômée, expérimentée, au salaire de 30CHF/h

A visage découvert, histoires de working poor,
Comment faire pour retrouver sa dignité personnelle

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

A rappeler:
Genève hoste une majorité d'immigrants et communautés portugaises et espagnoles; les français devenus résidents genevois sont une grande partie des employés de nos employeurs.

Depuis 2000-2004, le canton de GE a du accueillir une importante masse de chomeurs français issus d'immigrations diverses, ainsi qu'issus de pays ex UDSSR,
au détriment de suisses employés, facilement licenciés, sans indemnités, selon nos lois libérales suisses. Puis non réemployés. Age de retraite, heures de travail/semaine, années de cotisations non correspondantes,

Là est le Point crucial. qu'aucun syndicat, aucun parti politique ne défend, ne soutien.

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

Graphycs, rassurez-moi, assistante juridique trilingue diplômée et expérimentée, cela n'incluait pas le français ? Parce que dans cette langue, franchement, j'ai du mal à vous comprendre. Remarquez, en tant qu'Allemande (si j'ai bien tout compris), vous avez des excuses et du mérite. Moi aussi, dans la langue de Schiller, j'aurais du mal à m'exprimer.
Par contre prétendre que CEDH est frontalier, là vous avez fait fort. C'est bien la meilleure de l'année :-))

Écrit par : Séraphin Lampion | 19/11/2011

Je vous répons ici, Séraphin Lampion, ne sachant pas si vous êtes un étudiant français en Suisse. Ce que je suppose.

En ce qui me concerne, la douleur m'étreint.
Car il semble que vous êtes loin d'être en mesure d'appréhender les paramètres des sujets concernés en ce domaine ici par nous, suisses.

Sachez que les attaques de français envers les suisses ont fait plus que du mal psy perso:

si vous êtes un français nouvellement installé en Suisse,
...

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

ces "séraphin lampion", français & autres clandestins, travaillant au noir en Suisse, n'affichent pas leurs identité ici

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

où victime d'abus de la part d'agences temporaires "de la place" comme on dit,
je m'insurge, je témoigne, je réfute et j'agresse.

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

@ séraphon
les suisses dont je fais partie ont du mal à l'être en de telles circonstances et le rester, en leur propre pays,
ne vous en déplaise.

Car être citoyen suisse pur souche n'est pas ce que le marché de l'emploi genevois recherche. Où un citoyen suisse de souche se retrouve ostracisé, victime
devant subir tout l'anti-suisse de vogue

Comment vous le dire: un suisse est devenu une victime raciale sur son lieu d'emploi

Écrit par : graphycs | 19/11/2011

Si vous avez travaillé comme "fonctionnaire d'Etat en Allemagne, tout en étant "suisse de souche", c'est bien à la libre circulation que vous le devez, non ? Alors pourquoi ne pas rendre la pareille ? Par ailleurs, si vous cherchez un job impliquant de savoir écrire une langue, mieux vaut la pratiquer mieux que vous ne le faites. En tant que patron, je ne vous emploierais pas comme secrétaire juridique trilingue si vous n'êtes pas capable d'écrire clairement en français. Pourquoi ne pas chercher du boulot de l'autre côté de la Sarine ?
Et je ne suis ni étudiant français, ni clandestin, ni "chomeur français issu d'immigrations diverses". La rancoeur xénophobe, ça va un moment, mais vous devriez peut-être commencer à vous demander si vous faites bien tout juste ?

Écrit par : Séraphin Lampion | 19/11/2011

"working poor" sans "s"

Écrit par : Mère-Grand | 19/11/2011

Je voterai aussi NON au salaire minimum.

Les études écononomiques ont montré que le salaire minimum tue l'emploi, surtout quand il est situé à un niveau si élevé en regard des comparaisons internationales.

Car l'erreur originelle est de croire que nous pourrons nous extraire du contexte international.

Cette votation sera locale, mais notre concurrence est internationale.

Pour protéger l'emploi il vaudrait bien mieux limiter l'accès de notre marché du travail à la main d'oeuvre étrangère ainsi, les courbes d'Offres et de Demande de travail se croiseraient à des niveaux de salaires plus élevés (ce qui est rare est chère, mais ce qui se trouve en abondance non).

Pour revenir au contexte internationale, LE SALAIRE MINIMUM EST UN TUE L'EMPLOI.

C'est une mesure typique du suicidisme de Gauche qui vise à créer à volonté du YAKA FAUCON. Déjà entendu parler de la France?

A 4'000 francs par mois le travailleur suisse revient à 4'000 / (22*8) = 22.70 francs de l'heure ou $ 25.83 de l'heure. en comptant 22 jours travaillés en moyenne par mois à 8 heure par jour et un taux de change de 1.136.

Ca se compare à $ 1 de salaire minimum horaire à Shanghai ou $ 10 de l'heure en France et Italie.

Pour les fonctionnaires jouissant du droit ignoble de la garantie de l'emploi c'est tout bénéfice, mais pour les salariés de la vraie économie soumis à la concurrence internationale c'est le job qui passe à la trappe.

Avec les bilatérales et ce salaire minimum si élevé par rapport au reste du monde on va encore plus attirer les 500 millions de crêves la faim européens.

On se retrouvera en payant nos courses à la Migros avec des caissières grecques ayant un doctorat en physique quantique et parlant 5 langues ravis de toucher 4 fois leur salaire hellénique. Et en plus peut-être même qu'elles b...ent tout en jouant de la harpe tellement elle sont motivées. Vous savez jouer de la harpe Monsieur Zaugg?

Et les exemples du style seront légion, car à prix fixe autant en avoir pour son argeont.

Notre but est-il de remplacer la majeur partie de notre population suisse par les meilleurs travailleurs d'Europe? Car si on compte que 2% de la population a un QI supérieur à 130 (génie) alors on peut repeupler la Suisse avec les 10 millions d'européens qui sont de l'ordre du génie (2% de 500 millions d'habitants) et laisser au chômage tous les suisses qui ne satisfont pas ce nouveau critère se sélection.

Les succès des économies dirigées bolcheviques on a vu ou ça a ammener les représentantes des anciennes républiques soviétiques. Au Velvet ou au Pussy Cat...

Un autre exemple parmi d'autres. Beaucoup de familles avec handicapés seront sacrifiées, car plusieurs emploient à leur frais (et oui, pas pris en charge par l'Etat) des gens non formés ou étudiants voulant se faire quelques sous pour moins de 22.70 francs de l'heure. Ce sont souvent déjà d'énorme sacrifices financiers. Ils ne pourront tout simplement plus suivre alors que jusqu'ici tout le monde y trouvait son compte.

Le PSS (Parti du Suicide Suisse) écoute trop son coeur dans le cas présent et malheureusement pas assez sa tête. Moi aussi, je souhaiterais que tous le monde ait des meilleurs salaires, mais ça n'est pas possible.
Il y a des moments où malheureusement il faut fonctionner avec la tête, comme du temps de la peste à Venise où on finit par interdire aux membres de la famille un dernier baiser sur la tête des défunts, car beaucoup attrapait la maladie ensuite.

Je voterai NON comme vous Monsieur Zaugg.

Écrit par : anonyme | 20/11/2011

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