25/02/2012

Le verre d’eau qui fait déborder le parlement

Un Stauffer vociférant, gesticulant, postillonnant, au bord de l'apoplexie qui tente par tous les moyens de faire durer le débat, de faire durer le show, a demandé successivement le renvoi d'un projet de loi aux finances, à la fiscale, aux travaux et à l'aménagement.

Avait-il un quelconque espoir d'y parvenir ? Non, bien sûr ! Il savait bien, au vu des votes précédents, que ses propositions ne seraient pas acceptées.

Mais il connait aussi parfaitement la loi qui permet aux rapporteurs de s'exprimer pendant 3 minutes sur chaque demande de renvoi en commission et qui lui permet ainsi de marteler ses positions, encore et encore, ad nauseam.

Il a également une parfaite conscience que cette prise d'otage, légale j'en conviens, ne peut qu'énerver ceux qui lui ont, à 5 reprises, signifié démocratiquement et à une écrasante majorité qu'ils ne soutenaient pas sa position. Alors, quand on lui reproche des faits de son passé, il passe à la vitesse supérieure, agressant physiquement un élu qui, comme lui, a pourtant le droit de s'exprimer.

J'ai toujours dit, paraphrasant le grand Asimov, que  « La violence est le dernier refuge de l'incompétence ».

C'est quand quelqu'un est débordé, a court d'arguments qu'il a recours à cette dernière extrémité.

Mais aujourd'hui je révise mon jugement : cette violence-là était calculée pour obtenir un résultat, pour faire parler de son auteur, pour lui offrir encore une extension de la tribune médiatique dont il raffole.

Et dans quel but ?
N'importe quel  militant MCG vous le dira :

« Vous allez voir le nombre de sièges qu'on va rafler en 2013 ! ».

Alors bravo ! Bravo à cet homme qui érige la violence en stratégie de communication, à cet homme qui sait que plus Genève ira mal, plus il engrangera les voix des mécontents. Il met en scène les plus bas instincts humains, sachant très bien que chacun d'entre nous a rêvé, un jour ou l'autre, de faire taire son adversaire par la simple force.

Le fait que son agression soit lâche, peu risquée contre un homme de 60 ans, lui importe peu et elle importe peu à ses admirateurs qui ne retiendront qu'une chose : il a osé faire ce dont ils ne peuvent que rêver.

Voilà qui est Eric Stauffer : un stratège, un show man, un homme qui sait comment obtenir ce qu'il veut, un homme pour qui la fin justifie les moyens.

Les questions que j'aimerais poser à ceux qui l'admirent c'est : 

Voulez-vous réellement porter un tel  homme au pouvoir ?
Etes-vous sûrs qu'il se préoccupe de vous ?

15/02/2012

6 semaines de vacances pour tous !

Ca fait rêver c'est sûr, mais la potion risque d'être amère pour certains.

Examinons un peu les conséquences d'une telle décision :

Concrètement, pour les entreprises, il s'agit d'une augmentation d'un demi-salaire mensuel par employé. Il s'agit également d'un nouveau poste de travail à créer pour chaque tranche de 24 employés.

Bon pour résorber le chômage, diront certains ! Le hic, c'est que toutes ces charges supplémentaires, les entreprises devront les payer juste pour préserver la productivité qu'elles avaient avant.

Peut-être que certains grand groupes à forte valeur ajoutée peuvent se le permettre, mais que feront les PME qui composent le 90% du tissu économique suisse ? Que feront les PME qui luttent au quotidien contre les effets du franc fort, contre les charges déjà importantes qui leur sont imposées et contre le spectre de la récession économique qui menace l'Europe tout entière ?

Certaines fermeront, purement et simplement, incapables qu'elles seront d'assumer ces charges supplémentaires et le casse-tête des vacances d'été.

sciebranche.jpgD'autres demanderont à leurs employés de faire plus avec moins pour compenser la perte de productivité : Vos deux  semaines de vacances gagnées risquent fort de se payer par des mois de galère pour faire le boulot des collègues pendant qu'EUX seront en vacances.

Enfin, les entreprises qui survivront augmenteront leur prix en même temps qu'elles gèleront les salaires pour essayer de compenser la perte engendrée par cette initiative.

On risque donc de se retrouver avec une inflation en même temps qu'une baisse du pouvoir d'achat des particuliers, le tout agrémenté d'une augmentation du chômage.

Les 6 semaines de vacances, on les passera à la maison, parce qu'on a de toute façon plus les moyens de partir.
Verra-t-on se développer une économie parallèle de petits boulots au noir accomplis par des gens en vacances pour arrondir leur fins de mois ?