22/08/2013

1:12 pour une vraie société à 2 vitesses !

Sympathique cette initiative 1:12 ?

L'argument est percutant:

"Personne dans mon entreprise n’a le droit de gagner en un mois ce que je mets un an à gagner. Quoi de plus simple, quoi de plus logique ? …et puis on en a marre de ces rémunérations outrageuses de 72 millions !"

Si le salaire le plus bas de ma société est de 4'500.-/mois, cela signifie que le salaire le plus haut est plafonné à ~650'000.-/an.

En ce qui me concerne, l’initiative me laisse une jolie marge de progression !

Mais …car il y a un "mais", si l’initiative passe, qu’adviendra-t-il dans d’autres sociétés ?

Sans aborder le problème des rémunérations excessives, qui se chiffrent parfois en dizaines de millions par année, quid des patrons ou des hauts cadres qui touchent des salaires / primes de 1, 2 ou 3 millions par an, ce qui reste relativement courant?

tortue-courses-lievre.jpgDans les multinationales, la solution est toute trouvée : délocalisation immédiate du siège de l’entreprise à l’étranger.

Une perspective qui aura pour conséquences des pertes fiscales pour les communes de résidence des hauts cadres et un coup de frein au développement de l’entreprise sur le territoire suisse.

Oui, me répondront les partisans de l’initiative, mais il reste beaucoup de sociétés qui ne pourront pas se délocaliser car leur marché est ici. Pas faux.

Il faudrait juste que ces doux rêveurs m’expliquent ce qu’il s’imaginent qui va se passer :

  • Si le patron gagne par ex. 1,5 millions/an, pensent-ils réellement que pour préserver son niveau de vie il va payer son technicien de surface ou la caissière de la cafétéria à plus de 10'000.-/mois ?
  • Ou alors espèrent-ils que par souci d’équité ce patron exemplaire va accepter une diminution de plus moitié de son train de vie pour ne toucher plus que 650'000.-/an ?

La nature humaine étant ce qu’elle est, je pense plutôt qu’il va réfléchir à des solutions alternatives.

On pourrait par exemple imaginer que l’ensemble des cadres supérieurs soient externalisés et deviennent des consultants.
Une autre solution plus probable : externaliser l’ensemble des emplois peu qualifiés en les confiant à des sous-traitants.

Dans certains cas, la société pourrait être scindée en deux : d’un côté une petite structure n’occupant que des cadres de haut niveau qui s’occupent de gestion et de vente et de l’autre côté une société s’occupant exclusivement de la production qui serait liée à la première par un contrat d’exclusivité à toute épreuve.

Les solutions pour contourner cette loi ridicule sont légion, et le seul effet concret de l’initiative sera d’enrichir les notaires et les avocats tout en précarisant encore un peu plus les bas salaires et les emplois peu qualifiés.

Si vous ne voulez pas d’une société à deux vitesses :

REFUSEZ CETTE INITIATIVE QUI S’ATTAQUE AUX FONDEMENTS DE NOTRE PROSPERITE

 

Licencier et sous-traiter.jpg