21/08/2014

Tarifs TPG, un sabotage de l’Etat ?

C’est ce qu’affirment les initiants et les milieux qui leurs sont proches

Leur principal argument ? La baisse des tarifs devrait provoquer une hausse de la fréquentation des transports publics qui compenserait le manque à gagner.

Dans Le Courrier du jour on peut d’ailleurs lire :  

"…avec une publicité conséquente et en biffant les augmentations pour les jeunes malheureusement prévues dans l’initiative, le manque à gagner serait probablement limité"

Ces initiants, politiciens et journalistes devraient tous retourner à l’école !

Cet argument relève en effet soit d’une ignorance crasse de la réalité économique, soit de la pure malhonnêteté intellectuelle. Si d’aventure la baisse de tarifs provoquait réellement une hausse de fréquentation, le manque à gagner augmenterait en proportion !

Comment cela ? C’est archi-simple. Aujourd’hui le billet TPG est subventionné à plus de 50% par le contribuable. Si l’on écoute les initiants, cette subvention devrait même être augmentée pour compenser le manque à gagner en préservant les prestations.

Les mathématiques en jeu sont du niveau de l’école primaire:

   Si je vends un billet à 3.- et que ce billet coute en réalité 7.- je perds 4.-
   Si je vends 2 billets au lieu d’un, combien est-ce que je perds ?

Dans notre démocratie, le peuple à toujours raison. C’est un des fondements de nos libertés. Cependant la liberté n’a jamais affranchi personne des conséquences de ses actes.

La sagesse populaire regorge pourtant d’expressions toutes faites :moneytree.jpg

« L’argent ne pousse pas sur les arbres »

« There is no such thing as a free meal »

« Ce qui ne coûte pas cher ne vaut pas grand-chose »

Etc…

Aujourd’hui il serait temps pour nos concitoyens de se rendre compte que ce qu’ils demandent peut avoir un coût et que, en fin de compte, ce sont toujours eux qui passent à la caisse !

Une dernière réflexion pour bien continuer la journée :

Si l’Etat peine à trouver 17 millions pour combler le manque à gagner des TPG, où diable va-t-on aller chercher les 1'200 millions que coûtera la traversée de la Rade de l’UDC ?

A bon entendeur…

11:39 Publié dans Mobilité | Tags : in 146, tpg, tarifs | Lien permanent | Commentaires (21) |  Facebook |

Commentaires

Tout est dit, bravo.

Les conséquences = diminution des fréquences, fusion de lignes, suppression de la participation de l'Etat aux abonnements des fonctionnaires (qui vont réfléchir à 2x avant de le renouveler)....donc plus de monde sur les routes...

Merci l'AVIVO.

C'est un comble de la part d'une association de retraités.

Écrit par : Jacphil | 21/08/2014

Bravo, vous commencez à comprendre les mécanismes de déséconomies d'échelle et les lois sur les rendements décroissants. Reste à savoir pourquoi votre parti, le PLR a introduit ces mêmes phénomènes au niveau national avec la libre-circulation des personnes ? Parce que ce que vous reprochez ici au niveau des tpg a été induit par la libre-circulation des personnes au niveau fédéral notamment pour les CFF, de plus en plus en plus d'usagers mais pour un système ferroviaire qui par tête d'habitant nous coûte de plus en plus cher à faire fonctionner ! Une réalité de déséconomies d’échelle induite dans tous les secteurs économiques de notre société et clairement démontrée dans l'essai intitulé "La croissance économique de la Suisse, un drame politique caché" (c) 2014 sur www.adimante.ch et dont votre parti le PLR est le principal responsable.

Écrit par : adimante | 21/08/2014

Il me semble que le calcul que vous effectuez n'est pas exact.
Si je ne me trompe, c'est le budget total des TPG, pas le prix du billet, qui est subventionné à hauteur de 50% par l'Etat. Le reste du budget provient des recettes des TPG, et donc principalement de la vente de billets. Une nuance qui est d'importance.
Donc, l'achat d'un plus grand nombre de billets n'occasionne pas une plus grande perte pour l'Etat, mais augmente la recette des TPG. Il requiert certes une augmentation des prestations, dont le coût, grâce aux bienfaits des économies d'échelle, n'est pas forcément proportionnelle au nombre de billets achetés en plus. en gros, plus on augmente le nombre d'usagers, moins le coût pour les transporter est grand. (Les maths sont toujours compliquées à rédiger.) On peut même imaginer ne pas augmenter automatiquement les prestations, mais remplir davantage nos véhicules.
La phrase de l'édito du Courrier n'est donc pas fausse: on peut LIMITER la perte pour les TPG en vendant davantage de billets. Il me semble malheureusement que la diminution des prestations rend cette hypothèse improbable car elle continue de détruire l'attractivité de nos transports publics.

Écrit par : Eric Lecoultre | 21/08/2014

Les deux seules ressources non-négligeables des TPG sont les recettes (billetterie) et les subventions, le total des deux représentant le coût de fonctionnement des TPG. Si l'on voulait couvrir ce coût par la seule billeterie il faudrait grosso modo doubler le prix des billets. On peut donc sans autre affirmer que l'utilisation des TPG est subventionnée à 50%.

Je ne vois donc pas l'intérêt de votre distinguo.

Votre raisonnement serait juste si l'on pouvait augmenter le nombre d'usager sans augmenter le personnel et le matériel roulant -> on aboutirait alors à une meilleure exploitation de ressources existantes.

Seulement les TPG sont plein à craquer donc une augmentation de la fréquentation => augmentation du personnel et du matériel => augmentation des coûts => augmentation proportionnelle du manque à gagner.

Écrit par : Daniel Zaugg | 21/08/2014

Le beurre et l'argent du beurre et, s'il n'y plus de beurre, il n'y a qu'à en demander aux riches.

C'est le motto de la "nouvelle gauche"...

Attendez, nouvelle? Mais bon sang mais bien sûr! Elle n'est pas nouvelle puisqu'elle régentée par les dinosaures de l'AVIVO, dont les plus jeunes datent de l'ère du Crétacé...

Écrit par : Déblogueur | 21/08/2014

Subventionné les transports sont plus que nécessaire. Si toutes les personnes qui utilisent actuellement les transports publiques prenaient la voiture, il y auraient des bouchons énormes avec des conséquences pour la santé, ce serait invivable.
J'irai plus loin, la gratuité pour les résidents ne couterait pas si cher. Moins de voitures, c'est moins de trafic, donc déplacement plus rapide, moins de pollutions. Moins de pollutions égale moins de maladies qui y sont liés dont il est difficile de quantifié les coûts que cela engendre, mais à coup sûr, des vies de sauvé.
Moins de trafic, c'est aussi une traversée de la rade devenant à coup sur inutile !

Écrit par : roket | 21/08/2014

En suivant votre raisonnement, autant fermer les TPG on fera alors des économies. La base de votre raisonnement est absurde.

Écrit par : Tinguely | 21/08/2014

C'est surtout votre dernière phrase qu'il faudrait retenir. Parce que comme c'est parti, ce ne sont pas de quelques bus dont nous risquons de nous passer...

NON à la traversée de la rade le 28 septembre!

Écrit par : David Rochat | 21/08/2014

Bonsoir,

Je ne suis pas persuadé de comprendre la corrélation TPG et traversée de la Rade.

Vous écrivez "Si l’Etat peine à trouver 17 millions pour combler le manque à gagner des TPG, où diable va-t-on aller chercher les 1'200 millions que coûtera la traversée de la Rade de l’UDC ?"

D'une part, des appels d'offre peuvent être réalisés.
D'autre part, l'attribution du marché permettra:

- d'octroyer des concessions pour des plages d'utilisation (restaurants, trampoline, glissade vers le bas, décollage parapente, fast-food, etc.)

- d'instaurer un péage pour les véhicules

- d'apporter des supports publicitaires (écrans géants, etc.)

- de réaliser des "jeux interville" avec toutes les retombées et les produits dérivés

- d'offrir aux touristes une nouvelle vision de Genève


Soyons réalistes : au XXIe siècle, ceux qui n'ont pas pris le train du marketing sont largués!

Vendons l'eau du Jet d'Eau de Genève! Vendons des polaroïds réalisés sur le nouveau Pont de la Rade! Entamons une belle et magnifique traversée, qui profitera aux utilisateurs et aux réalisateurs-associés!

Paix et Lumière à toutes et à tous.

K. Dispa.

Écrit par : Keren Dispa | 21/08/2014

Cher Keren,

Restaurants, trampoline, DECOLLAGE PARAPENTE???, jeux intervilles, tout ça dans un TUNNEL ???

Allo? Allo? ... non mais allo quoi?

Écrit par : Daniel Zaugg | 21/08/2014

" Leur principal argument ? La baisse des tarifs devrait provoquer une hausse de la fréquentation des transports publics qui compenserait le manque à gagner. "

En suivant ce raisonnement l'augmentation de la fréquentations demanderait par le suite de nouvelles lignes, de nouveaux bus etc... pour satisfaire la hausse de fréquentation. Bref on arriverait au final à augmenter les coûts d'exploitation lié à ces nouveaux investissements. C'est du reste la raison de la hausse sans cesse des tarifs des transports en commun comme le train. A force d'inciter les gens par la contrainte à ne plus venir travailler en voiture en ville on augmente le nombre d'utilisateurs ce qui oblige à investir dans les infrastructures toujours plus coûteux.

C'est le prix du collectivisme qui a toujours coûté très, très cher à la collectivité.

" Dans notre démocratie, le peuple à toujours raison. C’est un des fondements de nos libertés "

Le peuple n'a pas toujours raison et peut se montrer liberticide notamment quand une majorité démocratique viole les droits individuels d'une minorité. Et les exemples ne manquent pas. Les grands penseurs libéraux tel Bastiat, Tocqueville, F-A Hayek, Stuart Mille etc... se méfiaient comme la peste de cette démocratie et sa tyrannie de la majorité. Les libertés individuelles doivent primer sur la démocratie.

Écrit par : D.J | 22/08/2014

Le principal problème de la loi sur les TPG, c'est qu'elle dit explicitement que les TPG n'ont pas à payer les travaux routiers, même sur les tronçons qui leur sont exclusivement réservés (H 1 55.04, art. 7). Bref, c'est aux contribuables de payer...
Qu'attends le député PLR Daniel Zaugg pour faire pression sur le Conseil d'Etat pour modifier ledit règlement ? S'il milite pour le maintien des prix actuels (alors que le corps souverain s'est déterminé deux fois pour la baisse des tarifs !), il semble logique que l'entreprise qui utilise de façon accrue le domaine public paye sa part ! Principe traditionnel du pollueur-payeur me semble-t-il.

Écrit par : Roger Bouvier | 22/08/2014

Nous votons sur un projet de tunnel!

Écrit par : Lucien | 22/08/2014

Cher Daniel,

Nulle part dans mes propos j'ai évoqué l'idée absurde d'un tunnel!

http://tinyurl.com/ko5vlu7

http://tinyurl.com/pk8888t

http://tinyurl.com/ldytl6f


A l'eau le tunnel et Allo allo :) vous-même!

Bonne fin de semaine

K. Dispa

Écrit par : Keren Dispa | 22/08/2014

Vous avez une plume acérée, juste et belle.
Frederic

Écrit par : Trindler | 22/08/2014

Keren, c'est bien ce que je dis:

Le sujet de la votation du 28 septembre est un TUNNEL sous la rade, c'est une initiative formulée et il n'est pas possible de la changer, renseignez-vous...

Pour votre gouverne je vous cite l'article unique sur lequel le peuple va voter:

Art. 160B, al. 3, lettre d (nouvelle)

Afin d’absorber la forte croissance des déplacements prévue d’ici 2020, une
liaison affectée au seul transport motorisé privé est construite conformément aux conclusions du rapport du Groupe de travail « Contournement de Genève » de septembre 2004 retenant la variante V4, soit :

– Une traversée sous-lacustre de 2 x 2 voies, de l’avenue de France au
Port-Noir;
– Un tunnel de liaison à 2 x 1 voie pour la remontée vers la route de
Malagnou;
– Les mesures d’accompagnement retenues par le groupe de travail sur les
quais, le pont du Mont-Blanc et le centre-ville.

La mise en service de cette nouvelle liaison doit intervenir dans les six ans suivant son acceptation par le Conseil général.

Écrit par : Daniel Zaugg | 22/08/2014

Cher M. Bouvier,
je ne milite pas pour le maintien des prix actuels.
Le peuple veut les baisser, soit. Il faut juste en accepter les conséquences et cesser de s'imaginer que les choses sont gratuites.

Vous êtes bien bon de me prêter le pouvoir de faire à moi seul pression sur le Conseil d'Etat.

Pour ce qui est de faire payer aux TPG l'usage du domaine public, moi je veux bien, mais comme ils n'ont pas plus de moyens pour autant vous proposez quoi au juste:
1) Qu'on leur augmente la subvention pour qu'ils puissent payer cet usage?
2) Qu'ils diminuent encore leurs prestation pour pouvoir s'acquitter de cette taxe supplémentaire?
Je ne vois pas en quoi votre proposition ferait avancer le schmilblick!

Écrit par : Daniel Zaugg | 22/08/2014

Il est exact qu'il n'y a plus de pognon mais pourquoi, plutôt que de développer et améliorer le trafic routier (tunnel ou pont) vouloir refiler 300 millions aux possibles futurs travaux en France voisine ? Stop aux dépenses inutiles ! La France touche déjà du pognon de notre pays pour les lignes ferroviaires proches de la Suisse et ce n'est pas assez ! Bon, Berne peut aussi prendre dans le budget réservé aux pays en voie de développement !

Écrit par : Octave Vairgebel | 22/08/2014

Cher M. Zaugg,
Je sais bien que les députés n'ont que peu de moyens de pression sur un Conseil d'Etat si ce dernier ne veut modifier les règlements de sa compétence.
L'idée n'est certes pas d'augmenter la subvention des TPG pour qu'ils participent financièrement aux travaux qu'ils génèrent. Mais il me semble peu logique que ce soit toujours le contribuable-automobiliste qui doive payer les travaux de chaussées dont il est de plus en plus chasser...
Si les billets ne diminuent pas par décision judiciaire, alors ce pourrait être un argument pour qu'une modification du "Cahier des charges relatif à l'utilisation du domaine public en vue de l'exploitation des Transports publics genevois" (H 1 55.04), voire la loi elle-même soit modifiée.
Si la justice décidait que les TPG sont libres de fixer eux-mêmes leurs tarifs, et non pas le parlement par délégation du peuple (art. 2 de notre Constitution), ce serait reconnaître que les TPG ne sont de facto pas rattachés à l'Etat mais sont une société indépendante, déniant de surcroît aux véritables propriétaires que sont les citoyens (le Conseil d'administration n'est-il pas nommé par le Conseil d'Etat, qui détient ce pouvoir de nomination par délégation constitutionnelle ?) le droit de fixer les tarifs.
Dès lors, il ne serait pas incohérent que les TPG ne soient plus exemptés d'impôts et de taxes... Je ne suis pas juriste, mais je pense que c'est une conclusion à laquelle on pourrait arriver si les recours pendants contre la loi étaient acceptés.

Écrit par : Roger Bouvier | 22/08/2014

Ce qui veut dire que les règles de la démocratie ne sont plus appliquées par nos élus.
Point barre.

que nos élus ne sont pas capables de faire face à leurs obligations: l'application des décisions du peuple.
Point barre.

Écrit par : pierre à feu | 22/08/2014

Cher M. Bouvier,

Les tarifs des TPG ont toujours été fixés par le Grand Conseil au travers du contrat de prestations qui représente les conditions auxquelles ils doivent se plier pour obtenir leur subvention. Si les députés ne veulent pas d'une proposition tarifaire, ils peuvent refuser le contrat de prestation ce qui oblige les TPG et le Conseil d'Etat à revoir leur proposition.
Les recours pendants ne changeront rien à cet état de fait.

La perversité de la loi votée réside ailleurs:
En inscrivant ces tarifs dans une loi, on les rend suceptibles de modifications et de référendums au gré des humeurs de tous les groupuscules populistes qu'ils soient d'extrême gauche ou d'extrême droite.
C'est cet aspect la de loi que je combats car il rend de facto les tarifs non adaptable rapidement à l'environnement économique en constante évolution.

Pour ce qui est du niveau de prix des billets:
Les TPG sont financés par 2 sources, la billetterie, financée par les usagers et la subvention, financée par le contribuable et donc également les automobilistes.
A prestations constantes, donc à coût constant, si l'on baisse les tarifs il faut augementer la subvention et vice-versa.
Si vous ajoutez des charges de financement de travaux, soit vous augmentez la subvention, soit vous augmentez le prix des billets.
Le prix des billets et lui déterminé par un calcul économique:
Si le billet était vendu 7 Fr. (0% subvention) plus personne ne prendrait les TP...=> plus de véhicules individuels sur les routes.
Tout cela participe d'un délicat équilibre que cette loi, votée par des gens qui ne s'intéressaient qu'au PRIX du billet sans se préoccupper du COUT de la prestation, vient bouleverser.

Pour ma part j'espère que la gauche et le MCG ne réussiront pas à faire augmenter ls subvention (payée par nos impôts je le rappelle) et que le Parlement soutiendra la décision du Conseil d'Etat qui représente la seule solution viable sans impact sur notre fiscalité.

Écrit par : Daniel Zaugg | 23/08/2014

Les commentaires sont fermés.