22/09/2017

Soit la gauche est bête, soit elle est méchante…

En faisant adopter une loi, signée Caroline Marti, qui force l’Etat à compenser toute perte des TPG par une augmentation de la subvention sans possibilité d’adapter les tarifs, la gauche vient effectivement d’étatiser les TPG

Que signifie le statut « d’établissement public autonome » des TPG ?marti.jpg

Il veut dire que les TPG, bien que subventionnés à plus de 50% et encadrés par un contrat de prestations, disposent d’une certaine marge de manœuvre pour atteindre les résultats demandés en adaptant, soit leurs prix, soit leurs prestations.

Aujourd’hui, avec les prix de vente les plus bas de Suisse gravés dans le marbre et des prestations fixées par le politique, cette autonomie a complètement disparu.

En obligeant l’Etat à compenser automatiquement (et rétroactivement !), toutes les pertes des TPG, la gauche vient de donner un coup d’arrêt complet au développement de notre réseau de transports publics !

L’Etat de Genève manque cruellement de ressources, il n’aura désormais plus qu’un souci : limiter le montant des pertes qu’il devra compenser.

Le résultat sera une stagnation complète de l’offre, voire, à terme, des réductions de prestations.

Bien sûr, il reste théoriquement d’autres solutions :

  • Réduire des prestations dans d’autres domaines
  • Augmenter les impôts

Les deux sont malheureusement irréalistes : toute réduction des prestations étatiques est farouchement et avec succès combattue par la gauche, on le voit en Ville de Genève avec le dernier référendum sur les coupes budgétaires. Quant aux possibilités de hausses d’impôts, dans le canton qui a déjà la fiscalité la plus lourde de Suisse, elles sont quasi inexistantes et là, c’est la droite qui les combattra, avec le même succès !

Alors, la gauche, bête ou méchante ?

Si elle croit réellement qu’elle soutient les transports publics en faisant passer cette loi, elle est bête.

L’autre scénario est pire : elle est parfaitement consciente des implications désastreuses de sa loi pour les transports publics, mais elle s’en fiche. La détérioration programmée de l’offre générera une insatisfaction croissante dans la population et alimentera la guerre des transports. Cela créera également un inépuisable sujet de référendums et de luttes, assurant la visibilité de la gauche pour les prochaines élections.

Un scénario improbable ? Il est pourtant appliqué depuis de nombreuses années avec succès par l’ASLOCA qui, en bloquant la construction à Genève, assure son propre avenir,

Mais je n’arrive pas à croire que la gentille Caroline Marti soit aussi méchante et calculatrice…

ABE