23/02/2013

SIG: donneur d'ordres ou concurrent ?

Reprise de CGC Energie par SIG

Big fish eats small fish.jpgEn décembre dernier, CGC Energie SA (anciennement CGC Dalkia), une importante entreprise genevoise, active dans le domaine du chauffage, de la ventilation et de la climatisation depuis plus de 40 ans, a vu SIG entrer dans son actionnariat.

SIG est également un des importants donneurs d’ordres de ce domaine d’activités.

Cet établissement public autonome adjuge donc des marchés aux entreprises de la place tout en leur faisant concurrence.

Ce mélange de genres m’a amené à poser la question écrite suivante au Conseil d’Etat:

Participation de SIG dans l’entreprise CGC ENERGIE SA : Quelle politique d’adjudication ?

En date du 3 décembre 2012, par publication du registre journalier de la FOSC, nous pouvions constater que l’entreprise CGC DALKIA, devenue au 21 novembre 2012 CGC ENERGIE SA (nouveaux statuts), était reprise notamment par SIG. En date du 7 décembre 2012, CGC ENERGIE SA confirmait elle-même cette information à tous ses partenaires.

L’ensemble de la corporation genevoise, regroupant les métiers de chauffage, ventilation et climatisation, s’est étonné de la participation de SIG dans le capital-actions de la société CGC ENERGIE SA.

Selon SIG, cette participation dans une entreprise privée s’inscrirait dans le cadre de CADIOM et dans la logique de la libéralisation des marchés. Cette justification est toutefois fortement discutable pour les membres de la profession et plus particulièrement pour l’AGCV-suissetec (Association genevoise de chauffage, ventilation et climatisation).

En effet, une telle prise de participation importante d’une régie publique dans une entreprise privée pose de sérieuses questions de concurrence : grâce à elle SIG bénéficie clairement d’un partenaire privilégié dans l’installation et la distribution d’énergie.

Or SIG est également un important donneur d’ordre dans le domaine du chauffage, de la ventilation et de la climatisation. Elle lance régulièrement des appels d’offres mettant en concurrence les entreprises privées de la place de Genève. CGC Energie SA vient d’ailleurs de remporter l’un de ces appels d’offres devant ses concurrents. Au travers de cette adjudication on voit clairement que SIG se retrouve juge et partie !

Dès lors on peut comprendre l’inquiétude des milieux professionnels qui se posent légitimement la question : L’entreprise CGC Energie ne risque-elle pas de bénéficier d’informations distordant la concurrence sur des objets ou des marchés publics ?

Il est par conséquent demandé au Conseil d’Etat :

Quelle est la politique d’adjudication de SIG dans ce genre de participation et partenariat privilégié et quelles garanties peuvent être apportées afin de préserver une saine concurrence entre entreprises ?

13/09/2012

C’est arrivé près de chez vous

Une rue est fermée à la circulation à deux pas de votre immeuble !

rue-de-la-promenade-300-low-quality.jpgLe bonheur, pensez-vous ...

A vous les promenades dans un environnement préservé du bruit et de la pollution!

Votre enthousiasme risque cependant d’être de courte durée, car le besoin de mobilité n’a pas diminué pour autant. La circulation a simplement été concentrée sur un nombre d’accès plus restreint.

Dont votre rue.

Pas de chance, n’est-ce pas ? A vous les joies du report de trafic, de la voiture qui tourne en boucle à la recherche du Graal de l'automobiliste : une place de stationnement, toujours plus rare.

rue-mal-barree-300-low-qual.jpgLe projet de fermetures de 50 rues ne se base sur aucune vision d’ensemble.

Résultat : si votre rue n’est pas concernée, elle subira de plein fouet le report de nuisance.

Etes-vous prêts à payer le prix fort pour que quelques privilégiés – dont des élus bien placés – puissent se décharger des nuisances inhérentes à la ville sur le dos des autres ?

Si la réponse est non, rejetez le projet de fermeture de 50 rues.

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29/05/2012

ASIN : n’enterrons pas la démocratie!

Les isolationnistes de l’ASIN, sous prétexte d’empêcher une « adhésion par la bande » à l’UE, nous proposent une initiative dévastatrice pour l’économie et nos institutions

Permettez-moi de soumettre à votre sagacité une devinette; quels sont les points communs entre :

  • les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture ?
  • la réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique ?
  • la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime ?

Vous ne voyez pas ? Il en a pourtant au moins deux :

  1. Je n’ai pas la moindre connaissance sur ces sujets. Et vous ?
  2. Les trois font l’objet de traités internationaux qui auraient pu être soumis au peuple suisse si l’initiative de l’ASIN sur les accords internationaux était déjà en vigueur !

C’est là que réside tout le danger de cette initiative qui demande que soient soumis au peuple les quelques 500 accords internationaux que la Suisse signe chaque année.

  • ASIN non_330x312px.jpgQue vont faire les citoyens qui n’ont pas envie de lire le mètre cube de documentation que nous allons tous recevoir pour expliquer les tenants et aboutissants de tous ces traités?
    Voter en fonction d’une affiche, d’un mot, d’un slogan ?
    Ou s’abstenir massivement sur des sujets, qui, faut-il le rappeler, sont dans la plupart des cas largement non-contestés ?
  • Que vont faire les négociateurs suisses qui ne pourront signer le moindre traité sans que celui-ci ne soit au préalable ratifié par la double majorité du peuple et des cantons ? Quel crédit auront-ils face à nos partenaires internationaux ?
  • Que feront les entreprises suisses exportatrices lorsque l’entrée en vigueur d’accords de libre échange, garants de l’accès sans entraves aux marchés étrangers, sera retardée ?
  • Notre économie, qui gagne un franc sur deux à l’étranger et qui est aujourd’hui déjà mise sous pression à cause du franc fort devra-t-elle adopter des mesures d’austérité et réduire l’emploi ?

Avec son initiative sur les traités internationaux, l’ASIN veut s’ériger en rempart contre une adhésion par la bande à l’Union européenne. Nous sommes dans la fiction – ou l’ignorance – la plus totale. La Constitution fédérale est en effet très claire sur ce point : toute adhésion à une organisation supranationale requiert le référendum obligatoire. Une adhésion à l’Union européenne entraînerait donc automatiquement une consultation du peuple et des cantons. Nul besoin de l’ASIN pour que le peuple s’exprime.

Sur Facebook il y a des boutons « j’aime / j’aime pas » qui permettent à chacun d’exprimer son opinion sur tout et n’importe quoi.
Toutefois nos décisions démocratiques méritent un peu plus de réflexion que la participation à un réseau social.
Il serait dommage que nos concitoyens se mettent à voter avec la même indifférence, sans réellement chercher à en comprendre les enjeux, sur des traités internationaux qui sont parfois vitaux pour des pans entiers de l’économie de notre pays.

Respectons nos institutions plusieurs fois centenaires et refusons cette démocratie « Facebook » que veulent nous proposer les isolationnistes!

ASIN 2.jpg

 

13/04/2012

Fr. 2500.- de revenu garanti à vie ! Encore un truc de la loterie romande ?

Pas du tout ! Il s'agit d'une initiative.
Une initiative qui comporte même une touche libérale, et un peu MCG aussi..
.

Imaginez...chaque résident touche 2'500.- par mois, qu'il travaille ou non.

Pluie de billets de banque.jpg

  • Le salaire de chacun est diminué d'autant, donc pour ceux qui travaillent, l'opération est nulle.
  • Les entreprises deviennent plus compétitives : leurs impôts augmentent pour financer la mesure mais pas de 2'500.- par travailleur, puisqu'il y a moins de nécessiteux que de gens qui parviennent à gagner leur vie. Elles économisent donc des frais.
  • Le chômage, l'AVS, l'hospice général n'ont plus lieu d'être, la bureaucratie sociale disparaît puisque les besoins minimaux sont assurés pour chacun.
  • Notre pays devient moins attractif pour les frontaliers car on diminue également leur salaire de Fr. 2'500.- : on ne va tout de même pas les payer mieux que nos résidents !

Résumons: Amélioration de la compétitivité des entreprises, simplification des procédures d'aide sociale, diminution de la bureaucratie, anti-frontaliers.

Ces arguments devraient séduire la droite, depuis son centre jusqu'aux extrêmes !

Et pourtant...
Et pourtant je n'y crois pas.

D'abord il y a mon coté cynique : le système ne fonctionne que si chacun continue comme avant, si les gens qui travaillent continuent à travailler.
Et là j'ai un petit doute : les suisses sont un peuple responsable et raisonnable, mais qu'on ne vienne pas me dire que certaines personnes ne seront pas tentées par l'oisiveté : quid de l'épouse qui travaille à mi-temps pour arrondir ses fins de mois ? Si elle gagne aux alentours de Fr. 2'500.-, continuera-t-elle à travailler pour une misère ? Et celle qui gagne moins ? Ira-t-elle travailler gratuitement ?

En outre j'ai un problème éhtique : Le travail est le fondement de notre société, à la base chacun est responsable de subvenir à ses besoins.

Est-il réellement désirable de créer une classe d'assistés, de gens qui estiment que leur subsistance aux dépens d'autrui est une DROIT ?

Je pourrais encore parler des jeunes qui entrent dans la vie active, des nombreux fonctionnaires de l'aide sociale qui se retrouveront sans emploi...

Non, en fait cette initiative n'est pas libérale, elle n'est même pas vraiment de gauche et la seule question qui me vient réellement à l'esprit est celle-ci :

Les auteurs sont ils stupides ou simplement d'une sidérante naïveté ?

 


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15/02/2012

6 semaines de vacances pour tous !

Ca fait rêver c'est sûr, mais la potion risque d'être amère pour certains.

Examinons un peu les conséquences d'une telle décision :

Concrètement, pour les entreprises, il s'agit d'une augmentation d'un demi-salaire mensuel par employé. Il s'agit également d'un nouveau poste de travail à créer pour chaque tranche de 24 employés.

Bon pour résorber le chômage, diront certains ! Le hic, c'est que toutes ces charges supplémentaires, les entreprises devront les payer juste pour préserver la productivité qu'elles avaient avant.

Peut-être que certains grand groupes à forte valeur ajoutée peuvent se le permettre, mais que feront les PME qui composent le 90% du tissu économique suisse ? Que feront les PME qui luttent au quotidien contre les effets du franc fort, contre les charges déjà importantes qui leur sont imposées et contre le spectre de la récession économique qui menace l'Europe tout entière ?

Certaines fermeront, purement et simplement, incapables qu'elles seront d'assumer ces charges supplémentaires et le casse-tête des vacances d'été.

sciebranche.jpgD'autres demanderont à leurs employés de faire plus avec moins pour compenser la perte de productivité : Vos deux  semaines de vacances gagnées risquent fort de se payer par des mois de galère pour faire le boulot des collègues pendant qu'EUX seront en vacances.

Enfin, les entreprises qui survivront augmenteront leur prix en même temps qu'elles gèleront les salaires pour essayer de compenser la perte engendrée par cette initiative.

On risque donc de se retrouver avec une inflation en même temps qu'une baisse du pouvoir d'achat des particuliers, le tout agrémenté d'une augmentation du chômage.

Les 6 semaines de vacances, on les passera à la maison, parce qu'on a de toute façon plus les moyens de partir.
Verra-t-on se développer une économie parallèle de petits boulots au noir accomplis par des gens en vacances pour arrondir leur fins de mois ?