07/10/2013

La baffe!

Hier soir, les Genevois m’ont remis à ma place.

Et selon eux ma place c’est : dehors !

Ça fait mal.

Je leur en ai voulu. Aux populistes qui m’ont piqué mon siège, aux électeurs qui me l’ont refusé, à mon parti qui n’a pas su le conserver, à nos conseillers d’Etat aussi, qui n’ont pas voulu tirer la liste et surtout, surtout à moi-même : 9 malheureuses voix !
Et si j’avais serré 9 pognes de plus ? Et si j’avais fait campagne ce samedi matin où j’étais un peu fatigué ?

D’un autre côté, c’est bon pour l’ego. Je vais pouvoir le dégonfler tout doucement, lui rendre une dimension humaine, le plier en quatre pour le mettre dans ma poche de derrière et m’asseoir dessus.

welcome-to-disappointment.jpgJe vais aussi y regagner une vie privée que j’avais fortement négligée.

Il est vrai que j’aurais aimé en faire partie, de ce parlement qui s’annonce ingérable. J’aurais aimé participer à ces bagarres homériques qui se profilent entre les deux extrêmes, j’aurais voulu être l’artisan de quelques-unes de ces majorités improbables que nous allons devoir trouver si nous voulons faire avancer le schmilblick.

D’autres le feront, avec plus ou moins de bonheur. A ceux qui ont réussi, à mes anciens compagnons de route et aux nouveaux que j’ai rencontrés pendant cette campagne, je souhaite bonne chance et beaucoup de courage.

Aux déçus qui n’ont pas réussi à passer la barre, quel que soit leur parti, je dis : bravo !
Bravo d’y avoir cru, bravo de vous être investis sans compter dans cette campagne qui, contrairement aux affirmations d’une certaine presse, a été digne et intense.

A mes électeurs, à mes associations et à mes lecteurs assidus, je dis un énoooorme merci. Merci de m’avoir suivi, de m’avoir soutenu et d’avoir cru en moi.

Je ne suis donc pas élu, mais je ne me tairai pas pour autant. Vous me retrouverez de temps en temps sur ces pages pour un commentaire sur l’actualité politique.

Parce que j’aime toujours Genève…même si, aujourd’hui, je n’ai pas l’impression que ce soit réciproque.

15:18 Publié dans Elections, Genève | Tags : elections | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

03/10/2013

Après l’élection du Conseil d’Etat, le grand chambardement?

Traditionnellement, tout les quatre ans, le Conseil d’Etat, bouleverse l’organisation des départements (voir mon article précédent)

A la veille des élections, l’AGEFI revient sur le projet de loi 10997 que j’ai déposé et qui a pour but d’aligner la composition des départements sur les politiques publique de l’Etat chaque fois que cela est possible.

agefi,organisation des départements,pl 10997

L’acte législatif le plus important du Grand Conseil est le vote du budget qui donne à l’Etat les moyens de son action. Ce budget est organisé par « Politiques publiques » (Formation, Sécurité, Santé, etc…).

Le hic, c’est que les divers éléments d’une même politique publique sont souvent répartis entre plusieurs départements et donc sous la responsabilité de plusieurs conseillers d’état. Ceci amène à une dilution des responsabilités qui pose déjà un problème en soi.

A ceci s’ajoute le fait qu’à chaque élection ces derniers 20 ans, la composition des départements a été chamboulée ce qui rend quasi- impossible pour de simples députés de milice de mesurer l’efficacité des mesures prises d’une législature à l’autre.

Imaginez l’audition à la commission des finances:

« M. le Conseiller d’Etat, les dépenses de votre département ont fortement augmenté depuis l’année dernière, comment expliquez-vous ce fait? »

Facile! J’ai repris deux activités qui étaient auparavant sous la houlette de mes collègues

« Oui mais l’année passée nous avons pris tout un train de mesures pour réaliser des économies dans votre département… »

Je sais, mais lors des élections, le secteur en question a été réorganisé et en partie transféré à ma collègue

« … »

Ce soir l’urgence sera demandée sur cet important projet de loi.
Malheureusement
il n’a quasi aucune chance d’être traité au vu du nombre d’objet encore plus urgents.

Il me reste à espérer que le Conseil d’Etat aura entendu le message et réduira ses vélléités de changement au strict minimum!

 

30/09/2013

Vous avez dit fluide?

Le Canton souhaite fluidifier le trafic sur le quai Gustave Ador.

youllnevergetowork.JPGExcellente idée.

Mais comment faire? C’est difficile non?
Avez-vous l’intention de réaliser ces Traversées du Lac ou de la Rade qui déchargeront le « U » lacustre?
Ou alors vous prévoyez peut-être d’augmenter la capacité des itinéraires alternatifs ?

Non, non! YAKA supprimer une voie de circulation, rajouter des feux et empêcher les habitants des Eaux-Vives de tourner à gauche en sortant de leur quartier. C’est évident voyons ! Il suffisait d’y penser.

Euh…vous êtes sûr qu’il s’agit de mesures de FLUIDIFICATION ?

Mais oui ! On va aussi rajouter une piste cyclable.

Ouf ! Moi qui pensais que la Direction Générale de l’IMMobilité avait encore frappé, me voilà rassuré.

20/09/2013

Le projet de loi que Grand Conseil ne traitera pas ce soir…

Au premier point de l’ordre du jour normal (hors urgences), figure un important projet de loi (le PL 10997) qui définit des lignes directrices pour l’organisation des départements de l’administration publique.

Depuis de nombreuses années, il est devenu presque coutumier de chambouler l’organigramme au début de chaque nouvelle législature. Coûts inutiles, transparence réduite, cohérence douteuse, tels sont les désavantages de cette pratique bien genevoise.

Monopoly-small.jpgJusqu’à maintenant les départements étaient réorganisés au gré des préférences des nouveaux élus suite à d’obscures tractations entre eux. On ne peut pas dire que ces réorganisations correspondent à une quelconque logique, on se croirait plutôt dans une partie de Monopoly !

Pour s’en convaincre, un petit florilège des derniers changements :

Le département de justice et police était aussi celui des transports dans les années 1990, avant d’en être amputé, de devenir le département des « institutions » puis de redevenir le département de la sécurité mais aussi de… l’environnement qui est récemment repassé à la mobilité.
Le département des affaires sociales et de la santé en 1993 a perdu la santé en 2005 pour recevoir l’emploi, la santé ayant été transférée au département de… l’économie. Quant à l’aménagement et aux constructions, depuis 1993, ils ont un temps été réunis, pour être séparés, puis réunis à nouveau au sein du même département, en 2009.

En résumé, on l’aura compris, l’organisation de l’administration en départements est du seul ressort du Conseil d’Etat, qui fait un usage intensif de cette prérogative, certes traditionnelle d’un exécutif. Pour le parlement comme pour le citoyen lambda, il est quasi impossible de comprendre les motifs objectifs – lorsqu’il y en a – qui justifient ces bouleversements.

Le projet de loi dont il est question se propose de mettre fin à ces pratiques en fixant dans la loi les principes directeurs devant fonder l’organisation de l’Etat.
Il s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle Constitution qui détermine que toute modification de l’organisation des départements doit être soumise au parlement cantonal pour approbation.

Cette disposition constitutionnelle, qui est certes un pas en avant puisqu’elle permet au Grand Conseil de refuser une réorganisation par trop fantaisiste, ne va cependant pas assez loin : il ne suffit pas de sanctionner les dérives, il vaut mieux fixer une direction au départ !

Malheureusement, période électorale oblige, le parlement croule sous des projets, motions ou résolutions « urgentes » qui n’ont souvent d’urgent que le désir de faire parler de soi de leurs auteurs.

Résultat : le premier point de l’ordre du jour, pourtant si important à la veille de la prochaine réorganisation, ne sera, selon toute vraisemblance, pas abordé ce soir !

Dommage pour Genève !

12/09/2013

La question de la prostitution des jeunes bientôt résolue !??

C’est fou ce que notre avis devient important quand on est candidat !

la-paperasse-saccumule-1024x682.jpgSoudainement, une foultitude d’associations et de groupements, dont, pour certains, nous ignorions jusqu’à l’existence, nous adresse une piles de questionnaires.

Chacun aimerait savoir si nous soutenons leurs valeurs, si nous sommes en accord avec leurs projets.

Si nous donnons « les bonnes réponses », on nous fait miroiter un soutien sur la liste de recommandations qui sera publiée dans le journal de l’association, voire dans la presse.

Le dilemme se pose lorsqu’on reçoit un questionnaire d’une association dont on ne partage que peu ou pas du tout les idées. Nous voilà confrontés à 3 choix :

  1. Ne pas répondre, puisqu’on n’a aucune chance d’être soutenu
  2. Leur dire ce qu’ils veulent entendre, dans l’espoir de gagner en visibilité. C’est tentant lorsqu’on se rappelle qu’il y a 476 candidats pour 100 sièges. C’est peut-être un peu démago mais, après tout, «les promesses rendent les fous joyeux» !
  3. Répondre honnêtement, en se disant qu’à défaut d’être soutenu, on les informera au moins que tout le monde ne partage pas leurs idées.

C’est cette dernière option que j’ai choisie. Cela ne m’apportera pas forcément des voix mais aura au moins l’avantage de me positionner clairement et en toute transparence.

C’est donc dans cet esprit que j’ai répondu au questionnaire du Parti Evangélique Genevois (PEV).

Quelle n’a été ma surprise de recevoir, lundi, un appel d’une journaliste qui était intriguée par l’une de mes réponses (voir l’article de la TdG). Je suis en effet l’un des seuls candidats à avoir répondu « non » à la question suivante :

Vous engagez-vous à proposer des mesures concrètes offrant une alternative aux jeunes de moins de 25 ans pour sortir de la prostitution ?

J’ai répondu à la journaliste que j’étais évidemment tout à fait favorable au fait que des jeunes de cet âge disposent d’autres choix que la prostitution et que je soutiendrai tout projet allant dans ce sens.

Si j’ai répondu « non », c’est parce que je ne peux pas « m’engager à proposer des mesures concrètes » dans un domaine auquel je ne connais rien…

Je me réjouis en revanche que la question des prostitués de moins de 25 ans soit en passe d’être définitivement résolue à Genève :

Comment pourrait-il en être autrement, puisque les 47 autres candidats ayant répondu au questionnaire vont, dès leur élection, « proposer des mesures concrètes » allant dans ce sens ?

A bon entendeur…