04/12/2013

Mais pour qui M. Pagani roule-t-il?

Depuis un an, la Ville de Genève n’est plus représentée au conseil d’administration des TPG

En octobre 2012, le Grand Conseil a voté l’incompatibilité entre le mandat d’administrateur des TPG et le fait de siéger dans un exécutif cantonal ou communal au motif « qu’un magistrat a forcément un conflit d’intérêts en siégeant au conseil des TPG, où il sera tenté de promouvoir son agenda politique plutôt que de défendre les seuls intérêts de l’entreprise ».

TPG-Pagani-exclu-TF.jpg

M. Pagani a donc été exclu du conseil d’administration des TPG en décembre 2012.

Depuis cette date, l’ex-syndicaliste s’accroche à ce siège perdu telle une sangsue.

Il a tout d’abord tenté de forcer la porte du conseil d’administration des TPG accompagné de manifestants, forçant le conseil à annuler la séance.

Cette attitude et ces méthodes sont indignes d’un élu qui était à l’époque des faits, maire de la Ville de Genève, elles dénotent son mépris total des institutions.

Par la suite il a fait recours successivement devant la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise puis au le Tribunal Fédéral.

Les deux instances ont balayés ses arguments.

On pourrait imaginer que, suite à ces deux jugements successifs, M. Pagani laisse tomber et passe à autre chose.

En effet ce n’est pas comme s’il était désœuvré, après tout il siège encore:

  • En tant que Conseiller Administratif de la Ville de Genève
  • En tant que député au Grand Conseil
  • Au conseil d’administration des Services Industriels de Genève (SIG)
  • Au comité de gestion de la Caisse du Personnel de la Ville de Genève et des SIG (CAP)
  • Au conseil de fondation de la Fondation des Parkings (FP)
  • Au conseil de fondation de la Fondation pour les Terrains Industriels de Genève (FTI)
  • Au conseil de fondation du Grand Théâtre de Genève
  • Au conseil de fondation d’Instrument de Paix, Genève

Mais non! L’édile a bien l’intention de demander une révision du jugement au TF sous le fallacieux prétexte que celui-ci aurait confondu les noms et fonctions de deux administrateurs des TPG dans son arrêté.

Et pendant ce temps, la Ville de Genève dont M. Pagani prétend défendre les intérêts, n’est plus représentée au conseil d’administration des TPG.

Pourquoi? Parce que c’est interdit par la loi ? Pas du tout!

Rien n’empêche la Ville de Genève de nommer, comme le fait le Canton, un représentant dans ce conseil d’administration. La seule condition est que ce ne soit pas un conseiller administratif.

Pourquoi, à l’instigation de M. Pagani, se refuse-t-elle à le faire? Parce que ce serait entériner la décision de la justice et qu’il serait difficile de revenir en arrière tout simplement!

Alors je vous pose la question:

Est-il normal de priver la Ville de Genève de son représentant au conseil d’administration des TPG uniquement pour permettre, très éventuellement, à M. Pagani d’y retourner?

30/09/2013

Vous avez dit fluide?

Le Canton souhaite fluidifier le trafic sur le quai Gustave Ador.

youllnevergetowork.JPGExcellente idée.

Mais comment faire? C’est difficile non?
Avez-vous l’intention de réaliser ces Traversées du Lac ou de la Rade qui déchargeront le « U » lacustre?
Ou alors vous prévoyez peut-être d’augmenter la capacité des itinéraires alternatifs ?

Non, non! YAKA supprimer une voie de circulation, rajouter des feux et empêcher les habitants des Eaux-Vives de tourner à gauche en sortant de leur quartier. C’est évident voyons ! Il suffisait d’y penser.

Euh…vous êtes sûr qu’il s’agit de mesures de FLUIDIFICATION ?

Mais oui ! On va aussi rajouter une piste cyclable.

Ouf ! Moi qui pensais que la Direction Générale de l’IMMobilité avait encore frappé, me voilà rassuré.

25/09/2013

Le PPP, sauveur de Mobilités 2030 ? Pas du tout !

En démontrant la faisabilité d’unTraversée du Lac.jpg

partenariat public-privé (PPP)

pour financer la Traversée du

Lac les milieux patronaux volent

au secours du plan Mobilités 2030.

 

Non ! répond Michèle Künzler.

Trois heures à peine après la conférence de presse organisée par les milieux économiques, la Conseillère d’Etat en charge de la mobilité genevoise nous répond :

  1. La priorité c’est l’élargissement du contournement autoroutier
  2. Nous envoyons un mauvais message à Berne qui risque de remettre en question le financement fédéral de cette traversée
  3. C’est trop cher

Si on reprend ses arguments un par un, ils ne tiennent pas la route, c’est le cas de le dire :

  1. L’élargissement de l’autoroute de contournement est indispensable et c’est un projet fédéral de priorité 1, il se fera donc de toute manière
  2. Pour ce qui est du message envoyé à Berne, Genève en a, elle, reçu un très clair en provenance de la capitale : le Conseil des Etats et le Conseil National ont tous deux refusé de considérer que la Traversée du lac est un projet prioritaire.
    Traduction : « Voui, voui, on la fera, quelque part entre 2050 et 2080… »
  3. C’est sûr que de ne pas faire de traversée du tout couterait moins cher en termes d’investissements. Pour ce qui est du coût de l’immobilité pour l’économie genevoise, je ne pense pas que la verte conseillère l’ait pris en compte dans ses calculs…

Mais le cœur du problème n’est pas là : en réagissant si rapidement, la Conseillère d’Etat démontre qu’elle ne nous livre que son opinion personnelle et non celle du Conseil d’Etat. Impossible en effet de prendre connaissance de tous les tenants et aboutissant de l’étude et de consulter ses collègues en trois heures!

Cette réaction soulève également de nombreuses questions sur l’agenda caché des Verts. En effet, aussi bien le Plan Directeur Cantonal que la stratégie « Mobilités 2030 » du Conseil d’Etat intègrent la réalisation d’une Traversé du Lac à l’horizon 2030 comme une clé de voûte de la future mobilité genevoise.

La proposition des milieux économiques, financiers et patronaux devrait donc apparaître comme une bouée de sauvetage pour ces planifications, remises en cause par le «NEIN» sec et sonnant de la Berne fédérale.

La seule manière d’expliquer la réaction irréfléchie de la Conseillère d’Etat, c’est de considérer qu’en fait la situation actuelle l’arrange…

En effet, la stratégie Mobilités 2030 peut être décomposée en deux volets :

  1. Un catalogue de mesures préconisant notamment d’importantes réductions de trafic au centre-ville
  2. Une Traversée du Lac

Le premier volet, cher au cœur des Verts, se concentre avant tout sur la qualité de vie des habitants du Canton et sur la préservation de l’environnement.
Ce volet est nécessaire mais DOIT être accompagné d’une alternative pour les activités économiques sous peine d’asphyxier Genève. La santé économique du Canton est un élément aussi important de notre qualité de vie qu’un environnement agréable.

Sans traversée du Lac, Mobilités 2030 n’est plus qu’un programme de décroissance pour Genève!

Je conjure donc nos autorités de se montrer plus constructives que Mme Künzler, et d’examiner attentivement la proposition des milieux économiques.

20/09/2013

Les taxis seraient-il au dessus des lois?

«Sans l’aval de la profession, cette loi n’a pas la moindre chance de fonctionner»

taxi jaune, taxi bleuC’est ce que dit en substance Pierre Jenni, président de Taxiphone et candidat indépendant au Conseil d’Etat dans un article de la Tribune de Genève d’hier sur la grève des taxis organisée par ce même candidat en mal de visibilité.

A l’entendre, on pourrait croire que les taxis ne respectent que les lois qu’ils choisissent eux-même!

Pour ma part je ne partage pas son avis et reste convaincus que les chauffeurs de taxi ne sont pas des voyous.

Et pourquoi tout ce ramdam? Pourquoi une « grève préventive »?

Parce que, soit disant, la commission des transports du Grand Conseil n’aurait pas pris en compte les desiderata de sa corporation dans l’élaboration de la 3ème révision de la loi sur les taxis.

Le problème c’est que les taxis ne parlent pas d’une seule voix: il y a les bleus, les jaunes, aux intérêts divergents et même à l’intérieur de ces grandes catégories il y a plusieurs associations qui ne revendiquent pas toujours la même chose.

La commission des transports a néanmoins auditionné des représentants de toutes ces associations, des représentants de l’hôtellerie, du tourisme et de tous les milieux concernés. Elle a ensuite pris ses responsabilités et élaboré une mouture de cette loi qui prenne en compte non seulement les revendications, certes légitimes des chauffeurs, mais également les intérêts des utilisateurs et clients.

C’est cette loi, qui sera vraisemblablement à l’ordre du jour de la prochaine session du Grand Conseil, que M. Jenni conteste, sans l’avoir lue, comme il le concède lui même puisque son contenu n’est pas encore officel !

Electoralisme quand tu nous tiens…

11:57 Publié dans Mobilité | Tags : taxi, jenni, grève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/06/2013

Les automobiles doivent-elles avoir la priorité sur les bus ?

Les verts ont lancé hier une initiative constitutionnelle
« Pour des transports publics plus rapides »

Cette initiative compte ajouter à l’article 190 de la constitution la phrase « L’Etat aménage le réseau et règle la circulation routière pour donner la priorité aux transports publics ».

L’argument que l’on entend le plus souvent en faveur de cette mesure est :

« Tu n’espères quand même pas, seul dans ta voiture, avoir la priorité sur tout un bus ? »

C’est vrai que, présenté sous cette forme, l’argument est imparable, et pourtant…

Bus-priorite-voiture.jpgEn transports, tout est question de flux, donc de débits. Alors examinons les chiffres :

  • Il est communément admis chez les professionnels des transports qu’une voie de circulation fluide et sans entraves débite environ 1’800 véhicules par heure.
    La moyenne genevoise d’occupants par véhicule est de 1.17 à l’heure de pointe, soit un débit de 2’106 personnes par heure.
  • Si l’on prend maintenant une voie de bus en admettant un scénario très favorable pour les transports publics (bus articulé d’une capacité de 175 personnes, fréquence de 5 minutes, taux d’occupation de 100% !!!) on obtient un débit 2’100 personnes par heure

Force est donc de constater que du point de vue du débit, les deux moyens de transports sont au mieux équivalents.
Au mieux, parce que sur de nombreuses lignes excentrées, les couloirs bus occupent quand même une voie alors que les bus sont plus petits, avec des fréquences moindres et des taux d’occupation variant entre 30% et 60% !

C’est seulement sur certains tronçons en centre-ville, partagés par plusieurs lignes de bus, que des cadences plus élevées sont atteintes, justifiant dans ces cas l’argument du débit supérieur. C’est également le cas des lignes de trams qui, avec des cadences à 3 minutes et des capacités en passagers bien supérieures aux bus, justifient pleinement leur mise en site propre.

Les transports publics ont bien entendu d’autres avantages, notamment en termes de bruit, de pollution et d’emprise sur l’espace public. Le choix de Genève de les développer et de les soutenir est donc avant tout un choix politique.

Loin de moi l’idée de m’opposer à ce choix. Le PLR a d’ailleurs régulièrement soutenu les TPG avec pour résultat une augmentation de l’offre de 37% sur les 4 dernières années.

Mais que l’on arrête de me bassiner avec l’argument du débit, il est tout simplement faux !

Quant à inscrire dans la constitution une priorité absolue pour les transports publics sur l’ensemble du canton, je m’y opposerai avec la dernière énergie.

  • D’abord parce que cette constitution vient d’être votée et qu’avant de la corriger, il faudrait peut-être voir ce qu’elle peut apporter en l’état
  • Ensuite parce que la constitution sert à établir les droits fondamentaux, pas des points de détail
  • Et finalement parce que c’est complètement inutile : dans la plupart des endroits critiques, les TPG disposent déjà d’un système d’annonce automatique qui permet de faire passer les feux au vert pour leur donner la priorité

En outre, les autorités actuellement en charge de la mobilité ne semblent avoir qu’une seule réponse au problème d’engorgement chronique de Genève : multiplier les obstacles à la circulation pour dégoûter les automobilistes de prendre leur véhicule.

Aux mains de ces adeptes de la décroissance et de la piétonisation à outrance sans souci des conséquences économiques, un tel instrument serait l’arme absolue anti-bagnoles.

Au PLR nous défendons une mobilité qui prend en compte les besoins de tous les modes de transport, notamment la mobilité professionnelle, garante de notre prospérité économique.