08/04/2014

CEVA ou CEVA plus ?

Les PME locales exclues de facto des appels d’offre pour le second œuvre !

Le CEVA, « chantier du siècle », échappera-t-il totalement aux entreprises locales ?

Pour ce qui est du gros-œuvre, les dés sont jetés, l’adjudication s’est faite à de grands groupes français.

Pour les appels d’offres du second œuvre (cloisons, peinture, étanchéité, charpente métallique, façades, électricité, peinture, etc…) les CFF ont procédé à des regroupements de lots pour le moins discutables :

  • Les cloisons en plots de ciment se retrouvent avec les peintures, murs et plafonds, les traitements de surface et l’étanchéité. On demande également la preuve au soumissionnaire qu’il est à même de produire et poser annuellement 20’000 tonnes d’asphalte (!)
  • La charpente métallique quant à elle, est regroupée avec la façade, la signalétique et les éléments vitrés
  • Les lots de plusieurs gares sont regroupés

InterditPME.jpgLes PME locales sont généralement spécialisées dans un ou deux métiers. En procédant à de tels regroupement, les CFF s’assurent que seuls de très grands groupes ou des consortiums internationaux peuvent répondre à leurs mises en soumission. Ils excluent de facto les entreprises locales qui ne disposent tout simplement pas des capacités de production et de la diversité de compétences requises pour répondre à de tels appels d’offres.

Cette façon de procéder n’est pas une nécessité, elle n’est même pas habituelle pour ce genre de chantiers.

Par ailleurs, l’expérience démontre que plus les lots sont importants, plus les entreprises qui les décrochent sont enclines à en sous-traiter une partie, singulièrement quand ces entreprises ne sont pas actives dans l’intégralité des métiers concernés. Sous cet angle, le risque pris ici est donc considérable.

Il n’est pas acceptable que, pour un chantier largement cofinancé par Genève et ses contribuables, les retombées économiques échappent complètement à notre canton.

C’est pourquoi les députés proches de la FMB (Fédération des Métiers du Bâtiment) et de la MBG (Métallurgie du Bâtiment Genève) ont déposé ce jour une résolution pour traitement en urgence (voir ici le texte de la résolution) demandant au Conseil d’Etat d’intervenir auprès des CFF pour :

« Exiger une interruption immédiate de ces procédures et la remise en soumission sur la base de lots compatibles avec les capacités de production des PME locales, régionales et nationales, notamment par une séparation des lots par gare et par métier selon les pratiques usuelles »

Nous demandons que Genève assume la pleine responsabilité de sa co-maîtrise d’ouvrage !

26/02/2014

Accusé! Veuillez prouver que vous n’avez PAS empoisonné la victime!

Voici une phrase que l’on est pas près d’entendre dans un tribunal suisse.
Parce qu’en droit suisse celui qui invoque un fait doit le prouver.

Cela n’a pourtant pas empêché le Conseil d’Etat de décréter que:

L’usage de la cigarette électronique est interdit dans les bâtiments de l’administration

Le Conseil d’Etat a interdit l’usage de la cigarette électronique dans tous les locaux de l’administration cantonale. Cette mesure vise à protéger le personnel.

A l’instar de la commission de santé et de sécurité au travail au sein de l’administration, le Conseil d’Etat constate que les cigarettes électroniques peuvent contenir des substances illégales ou nocives. En outre, il n’existe aucune preuve de l’innocuité de l’exposition passive à la vapeur qui se dégage lors du « vapotage ».

Pour toute information complémentaire : Mme Nadia Borowski, secrétaire générale adjointe, DF,
022 327 98 11.


Interdire le vapotage au prétexte fallacieux que son innocuité n’est pas prouvée est une approche pour le moins légère.

Grâce à l’émission « À bon entendeur » tout le monde sait que nous avons un chimiste cantonal qui dispose d’un équipement dernier cri pour analyser la toxicité de toutes les substances que l’on veut bien soumettre à sa sagacité.

Dès lors, pourquoi ne pas soumettre à ce laboratoire des échantillons et lui demander de confirmer ou d’infirmer la présence de ces fameuses substances illégales ou nocives ?

Les cigarettes électroniques fonctionnent au propylène-glycol, une substance largement utilisée comme additif alimentaire (E1520). Il est utilisé comme émulsifiant pour les sauces et les assaisonnements. On le retrouve très souvent dans les produits contenant des aromes (yaourt, chocolat, confiture, …).

Au niveau pharmacologique et cosmétique, il est identifié sous le numéro E490 et on le retrouve dans :

  • les soins personnels: bain douche et savons, gels, nettoyants visage, mousses à raser, lotion après-rasage, déodorants anti transpirants,  rouges à lèvres, parfums
  • Les soins de la peau : hydratants main, corps et  visage, produits solaires
  • Les soins des cheveux: shampoings, revitalisants, gels coiffants
  • Les soins bucco-dentaires: bains de bouche, dentifrices
  • Les soins pour bébé: lingettes, antiseptiques ;
  • certains médicaments : pour voir la liste des 131 médicament répertoriés qui en contiennent cliquez ici

Le propylène glycol est également utilisé pour simuler brouillard et fumée (fumigènes) dans les discothèques et dans l’industrie cinématographique.

Il est évidemment impossible d’apporter la preuve absolue qu’une substance est sans danger.

On dispose pourtant de ce qui s’en rapproche le plus: le très sérieux INRS français (Institut national de recherche et de sécurité) a publié une fiche toxicologique qui démontre que ce produit a été testé sous toutes ses coutures et ne présente pas le moindre danger connu pour la santé. Pour voir la fiche toxicologique, cliquez ici

Alors, à quand l’interdiction de la fumée artificielle dans les discothèques au nom du sacro-saint principe de précaution ?

precaution

15/02/2014

Le MCG serait-il la nouvelle annexe de l’UDC?

Un parti comptant 20 députés au parlement genevois à la botte d’un groupe d’à peine 11 députés?
Un parti qui se dit « ni de gauche, ni de droite » inféodé à l’extrême droite?

On pourrait le croire en regard du surprenant retournement de dernière minute sur le soutien au contreprojet à l’IN 152, orchestré par Eric Stauffer à l’insu même des membres de son propre groupe qui n’en ont été avertis que jeudi en arrivant au Grand Conseil.

Surprenant quand on sait que, depuis plusieurs années, le maître absolu du MCG était pourtant un fervent partisan de la grande traversée du lac, l’une des solutions qui auraient pu ressortir de l’étude de ce contreprojet.

Surprenant également en regard des engagements pris envers, notamment, le conseiller d’état Luc Barthassat par le gourou du MCG.

Surprenant enfin, alors que le caucus du MCG avait décidé de ce même soutien le mardi précédant le vote.

Mais alors, pourquoi cette pirouette? De l’aveu même du Lider Maximo: « parce que le MCG a des intérêts stratégiques supérieurs avec l’UDC et que la décision a été prise au plus haut niveau entre les instances dirigeantes des deux partis », entendez à Berne…

021514_0058_LeMCGserait1.jpgC’est vrai que dans la capitale, le rapport de force est inversé avec l’UDC qui représente le plus grand parti du parlement fédéral alors que l’unique député MCG, au demeurant président de son parti, siège seul sur un strapontin, totalement à l’écart, caché derrière le Conseil Fédéral.

Serai-ce donc pour défendre l’intégration de leur conseiller national au groupe UDC, pour lui permettre d’exister un tout petit peu, que le MCG s’est plié aux ukazes de l’extrême droite populiste?

Alors, le MCG, qui avait été créé sous le sigle MBG (Mouvement Blochérien Genevois) avant de se rabattre sur son appellation actuelle suite au refus du tribun zurichois de se voir associé à eux, se préparerait-il à une « adhésion par la bande » à l’UDC?

Ce qui est sûr, c’est qu’entre Céline et Eric, celle qui porte la culotte n’est pas celui que l’on croit…

11/02/2014

Et si nous touchions aux limites de la démocratie directe ?

Le peuple a toujours raison, dit-on en Suisse.

Comment ne pas être d’accord avec le fait que, si une majorité décide quelque chose, cette chose sera forcément favorable au plus grand nombre?

Pour ma part je souscris totalement à cette idée, avec un petit bémol toutefois:

Ce n'est vrai que si le peuple est bien informé sur toutes les conséquences de ses décisions.
Ce n’est vrai que s’il décide en connaissance de cause.

Démocratie directe.pngOr, quelle est la réalité? Dans la société actuelle, les citoyens sont submergés d’informations de toute sorte, de sollicitations publicitaires pour des élections et des votes sur une pléthore de sujets plus complexes les uns que les autres.

Ils délèguent donc aux politiciens la tâche d’approfondir ces questions, d’analyser les conséquences positives ou néfastes de telle ou telle idée.

Ensuite, ils attendent de leurs élus que le résultat de ces travaux leur soit présenté d’une manière simple, digeste et surtout, compréhensible par des gens qui n’ont pas l’intention de passer des heures à potasser des sujets arides.

Pourtant, certaines décisions qui sont soumises aux citoyens ont des implications complexes car elles s’inscrivent dans un monde toujours plus interconnecté, toujours plus interdépendant. Comment, alors, trancher sans consacrer une énergie considérable à s’informer?

Comment se faire une idée sur la justesse de telle ou telle proposition si on n’en maîtrise pas tous les tenants et aboutissants?

La tentation est forte de ne se baser que sur quelques slogans, sur quelques idées fortes et facilement compréhensibles en négligeant les conséquences plus subtiles.

Cette tentation, beaucoup de politiciens l’ont bien comprise, surtout dans les formations dites «populistes».  

  • Touche pas à mon logement!
  • Sauvons nos parcs!
  • Non aux cowboys du câble!
  • Stop aux hausses des tarifs des transports publics Genevois!
  • Non à l’immigration massive!

Autant de slogans réducteurs qui ont emporté un vote populaire alors que les objets qui se cachent derrière ces formules lapidaires ont souvent des implications néfastes que les initiants se gardent bien de développer.

Je connais par exemple une dame qui a voté pour Luc Barthassat aux dernières élections parce qu’elle a entendu dire qu’il aimait les chats ! Je ne remets nullement en cause la qualité de Luc Barthassat en tant qu’élu, mais vous conviendrez que l’argument est un peu court pour élire l'une des personnes qui présidera aux destinées de notre Canton pour les 5 prochaines années!

Cette dame est-elle donc stupide? Pas du tout! Il s’agit en fait d’une personne intelligente et capable que je respecte énormément mais qui s’intéresse très peu à la politique. Elle est tout à fait représentative d’une grande partie de la population Suisse.

Cette communication à l’emporte-pièce, réductrice et sur-simplificatrice, les politiques en portent évidemment une large part de responsabilité. D’un autre côté, c’est également notre système qui veut ça.

representant-peuple-konk.jpgPeut-on réellement reprocher à un politicien de prendre des raccourcis, de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, quand il sait parfaitement qu’il n’aura que quelques lignes dans un journal ou quelques minutes dans les médias pour convaincre?

Cependant le résultat est là, sur la récente initiative UDC, qui prétérite durablement notre prospérité, le clivage est clair:
Tous les cantons les plus développés économiquement, tous les cantons contributeurs à la péréquation intercantonale (le système de redistribution des richesses entre les cantons «riches» et les cantons «pauvres») ont voté non.

A l’inverse, les cantons bénéficiaires de cette péréquation ont dit oui. Se sont-ils rendu compte qu’en ce faisant ils détruisaient l’une des sources de la prospérité Suisse? Qu’en quelque sorte, ils mordaient la main qui les nourrit? Je ne pense pas.

Alors oui. Les politiques sont responsables de cette dérive. Mais les politiques sont mis en place par le peuple.

Et le peuple a toujours raison…

30/01/2014

Initiative "Contre l'immigration de masse"

Les routes saturées ? Ne cherchez plus, c’est à cause de l’immigration.
La pénurie de logements ? C’est la faute à l’étranger.

Pour lutter contre ces différents fléaux, la réponse est tout trouvée: YAKA fermer les frontières !

La solution est simple, pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ?

Et d’abord, qu’est-ce qui attire les étrangers dans notre beau pays ? Pour quelle raison viennent-ils chez nous si ce n’est à cause de l’insolente santé de notre économie dans une Europe en plein marasme ?

Notre économie va bien. Et si elle va bien, c’est parce qu’elle peut recourir à la main-d’œuvre qui lui manque. Si elle va bien, c’est parce notre balance commerciale est excédentaire, parce que nous exportons des biens et des services de qualité, appréciés dans le monde entier.

Alors c’est vrai, barricader notre pays aura un impact immédiat :

Suisse-UDC-Affiche-Mouton-Noir-1.jpgL’économie peinera à trouver la main-d’œuvre qui fait défaut en Suisse. Elle pourra donc difficilement honorer ses commandes. Dans le même temps, sans les accords bilatéraux qui seront dénoncés avec ce vote, elle se coupera de marchés essentiels.

La suite est simple :

Commandes plus rares ==> Récession
==> Baisse d’attractivité économique

En s’attaquant à la cause du mal, notre prospérité, l’UDC aura réussi son pari : l’immigration aura reculé.

Les partisans de la décroissance devraient voter cette initiative!

Mais n’y a-t-il pas une autre solution qu’une récession pour régler le problème des bouchons et des appartements rares ? D’autant que j’ai comme un doute : Genève est en situation de pénurie  de logement depuis des décennies, bien avant l’entrée en vigueur des accords bilatéraux !
Et si le problème était ailleurs ?

Et si Genève manquait de logements, parce qu’elle ne construit pas assez ?
Et si les routes étaient saturées, faute de nouveaux projets d’infrastructures ?

Ça tombe bien, pour apporter des réponses à ces problèmes, les Genevois se prononceront également le 9 février sur un indice de densité minimum du sol, permettant de construire plus et mieux, et sur un projet de financement des infrastructures et d’aménagement.

Autant de projets auxquels l’UDC s’oppose. Cherchez l’erreur.