06/01/2014

Initiative 152 de l’UDC, et si on traversait … le LAC ?

Oui, oui, j’ai bien dit le Lac, pas la Rade!

L’initiative 152 de l’UDC, actuellement en traitement par la Grand-Conseil, demande la réalisation d’une « Traversée de la Rade » entre l’avenue de France et le Port-Noir. En l’état, au vu des rapports de force aussi bien au Grand Conseil que dans la population, elle a de fortes chances de passer…

Le hic, c’est que cette traversée de la Rade, basée sur une préétude de 2004 qui, elle-même, s’appuie sur des chiffres et projections réalisées en l’an 2000, est complètement dépassée! Les projections de trafic pour l’an 2020 de l’époque ont par exemple été atteintes en 2012 déjà.

C’est la raison pour laquelle, dès 2007, tous les efforts se sont concentrés sur une « Traversée du Lac » autoroutière, avec raccordement aux réseaux Suisses et Français.

Comparaison-trafic.gifEn cliquant sur l’image ci-contre, vous découvrirez une animation qui  met bien en évidence les effets comparés sur le trafic des deux projets à l’horizon 2030.

On peut notamment constater que la traversée de la Rade déchargera uniquement le « U » lacustre et que la plupart des routes en amont de celle-ci seront encore plus saturées qu’avant. En outre, la diminution de trafic sur l’autoroute de contournement n’est que marginale.

La traversée du Lac en revanche, en créant un véritable bouclage du contournement autoroutier, permettra de décharger de nombreuses routes situées à l’intérieur de son périmètre et permettra même de diminuer considérablement le trafic sur l’actuel contournement.

Le problème avec la traversée du Lac c’est que, vu qu’il s’agit d’une route nationale, le financement est fédéral et qu’actuellement, le dossier est embourbé à Berne.

Alors, cette initiative de l’UDC, un coup d’épée dans l’eau? Ce qui est sûr, c’est que son coût, projeté à plus de 1.17 milliards, grèvera lourdement le budget de l’Etat de Genève pour des effets concentrés uniquement sur l’hypercentre.

La solution? Le Grand Conseil a la possibilité de proposer un contreprojet.

Alors pourquoi ne pas réaliser nous même cette Traversée du Lac que Berne refuse de nous payer?

Tant qu’à dépenser des sommes pharaoniques, pourquoi ne pas le faire pour un projet qui représenterait réellement une plus value durable  pour Genève? Et ce d’autant plus que, pour financer la Traversée du Lac, un partenariat public-privé est parfaitement envisageable selon une étude récente réalisée par les milieux économiques.

12/12/2013

Initiative 146 – Tarifs TPG: Une victoire d’étape

Les Genevois vont revoter, mais le plus gros reste à faire!

La confirmation de l’annulation de la votation sur les tarifs des TPG par le Tribunal Fédéral est en premier lieu une victoire pour la démocratie.

TPG-IN146-12.12.13.jpgDans son récent arrêté (pour le lire, cliquez ici), le TF confirme une évidence:

On ne peut pas soumettre au peuple un texte différent de celui sur la base duquel les signatures ont été récoltées

 Lors de la première votation sur le sujet, le souverain avait surpris tout le monde en acceptant l’initiative: personne ne croyait qu’elle avait une chance de passer. En effet,  l’ensemble des partis gouvernementaux étaient contre, seuls le MCG, Ensemble à Gauche et les initiants étaient en faveur.

Il est vrai que le titre de l’initiative: « Stop aux hausses des tarifs des Transports Publics Genevois », était accrocheur.
Il est vrai que suite aux déboires qui avaient accompagné la refonte du réseau de trams, une hausse paraissait injustifiée.
Il est vrai que le peuple a voulu exprimer son ras-le-bol de la politique de mobilité menée par Michèle Künzler.

Cette mauvaise humeur généralisée a amené à un vote-sanction, basé sur le seul titre de l’initiative. Le fait qu’elle soit pleine d’erreurs et que ses exigences remettent gravement en question le fonctionnement même des TPG, a été complètement occulté.

En la votant, les citoyens ont en effet accepté, pour la plupart sans s’en rendre compte:
TPG-Inititiative-pose-encore-problème.jpg

              • Une limitation à 18 ans des tarifs jeunes qui, partout ailleurs, sont limités à 25 ans
              • La suppression des cartes journalières valables dès 9h (hors heures de pointe), pourtant très appréciées des usagers
              • L’introduction d’une carte journalière valable pendant une heure!
              • La limitation des sauts de puce 3 arrêts à une durée de 15 minutes! Que se passera-t-il en cas d’embouteillages?

Hormis ces couacs, que l’on peut à la rigueur imputer à la sénilité précoce de certains des rédacteurs de l’initiative, il y a deux conséquences néfastes bien plus importantes dont peu de personnes ont pris la véritable mesure:

  1. En acceptant d’inscrire ces tarifs dans une loi, les genevois ont très effectivement bloqué toute possibilité d’adaptation de ces tarifs au marché dans un délai raisonnable. Ceci aura pour conséquence que les TPG devraient sortir de la communauté tarifaire UNIRESO qui permet aux genevois de voyager avec un titre de transport unique aussi bien sur le réseau TPG que sur celui des CFF (y compris le CEVA).
  2. Le manque à gagner de 24 millions par année que subiront les TPG devra être compensé soit par une augmentation des impôts, soit par une baisse des prestations de la régie publique

Ce que les politiques, la direction générale de la mobilité et les TPG doivent retenir de cette première votation annulée, c’est que les Genevois ne sont pas, pour l’instant, favorable à une hausse des tarifs. En revanche, ce qu’il faut expliquer aux citoyens, c’est que cette initiative, mal rédigée et destructrice, n’est pas le bon moyen d’obtenir ce résultat.

Il est primordial que les partis se saisissent dès à présent de cette problématique, qu’ils informent, qu’ils fassent campagne afin d’éviter que la prochaine votation ne soit qu’un remake de la précédente…

14:45 Publié dans Mobilité, Politique | Tags : in 146 | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

04/12/2013

Mais pour qui M. Pagani roule-t-il?

Depuis un an, la Ville de Genève n’est plus représentée au conseil d’administration des TPG

En octobre 2012, le Grand Conseil a voté l’incompatibilité entre le mandat d’administrateur des TPG et le fait de siéger dans un exécutif cantonal ou communal au motif « qu’un magistrat a forcément un conflit d’intérêts en siégeant au conseil des TPG, où il sera tenté de promouvoir son agenda politique plutôt que de défendre les seuls intérêts de l’entreprise ».

TPG-Pagani-exclu-TF.jpg

M. Pagani a donc été exclu du conseil d’administration des TPG en décembre 2012.

Depuis cette date, l’ex-syndicaliste s’accroche à ce siège perdu telle une sangsue.

Il a tout d’abord tenté de forcer la porte du conseil d’administration des TPG accompagné de manifestants, forçant le conseil à annuler la séance.

Cette attitude et ces méthodes sont indignes d’un élu qui était à l’époque des faits, maire de la Ville de Genève, elles dénotent son mépris total des institutions.

Par la suite il a fait recours successivement devant la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise puis au le Tribunal Fédéral.

Les deux instances ont balayés ses arguments.

On pourrait imaginer que, suite à ces deux jugements successifs, M. Pagani laisse tomber et passe à autre chose.

En effet ce n’est pas comme s’il était désœuvré, après tout il siège encore:

  • En tant que Conseiller Administratif de la Ville de Genève
  • En tant que député au Grand Conseil
  • Au conseil d’administration des Services Industriels de Genève (SIG)
  • Au comité de gestion de la Caisse du Personnel de la Ville de Genève et des SIG (CAP)
  • Au conseil de fondation de la Fondation des Parkings (FP)
  • Au conseil de fondation de la Fondation pour les Terrains Industriels de Genève (FTI)
  • Au conseil de fondation du Grand Théâtre de Genève
  • Au conseil de fondation d’Instrument de Paix, Genève

Mais non! L’édile a bien l’intention de demander une révision du jugement au TF sous le fallacieux prétexte que celui-ci aurait confondu les noms et fonctions de deux administrateurs des TPG dans son arrêté.

Et pendant ce temps, la Ville de Genève dont M. Pagani prétend défendre les intérêts, n’est plus représentée au conseil d’administration des TPG.

Pourquoi? Parce que c’est interdit par la loi ? Pas du tout!

Rien n’empêche la Ville de Genève de nommer, comme le fait le Canton, un représentant dans ce conseil d’administration. La seule condition est que ce ne soit pas un conseiller administratif.

Pourquoi, à l’instigation de M. Pagani, se refuse-t-elle à le faire? Parce que ce serait entériner la décision de la justice et qu’il serait difficile de revenir en arrière tout simplement!

Alors je vous pose la question:

Est-il normal de priver la Ville de Genève de son représentant au conseil d’administration des TPG uniquement pour permettre, très éventuellement, à M. Pagani d’y retourner?

30/09/2013

Vous avez dit fluide?

Le Canton souhaite fluidifier le trafic sur le quai Gustave Ador.

youllnevergetowork.JPGExcellente idée.

Mais comment faire? C’est difficile non?
Avez-vous l’intention de réaliser ces Traversées du Lac ou de la Rade qui déchargeront le « U » lacustre?
Ou alors vous prévoyez peut-être d’augmenter la capacité des itinéraires alternatifs ?

Non, non! YAKA supprimer une voie de circulation, rajouter des feux et empêcher les habitants des Eaux-Vives de tourner à gauche en sortant de leur quartier. C’est évident voyons ! Il suffisait d’y penser.

Euh…vous êtes sûr qu’il s’agit de mesures de FLUIDIFICATION ?

Mais oui ! On va aussi rajouter une piste cyclable.

Ouf ! Moi qui pensais que la Direction Générale de l’IMMobilité avait encore frappé, me voilà rassuré.

20/09/2013

Le projet de loi que Grand Conseil ne traitera pas ce soir…

Au premier point de l’ordre du jour normal (hors urgences), figure un important projet de loi (le PL 10997) qui définit des lignes directrices pour l’organisation des départements de l’administration publique.

Depuis de nombreuses années, il est devenu presque coutumier de chambouler l’organigramme au début de chaque nouvelle législature. Coûts inutiles, transparence réduite, cohérence douteuse, tels sont les désavantages de cette pratique bien genevoise.

Monopoly-small.jpgJusqu’à maintenant les départements étaient réorganisés au gré des préférences des nouveaux élus suite à d’obscures tractations entre eux. On ne peut pas dire que ces réorganisations correspondent à une quelconque logique, on se croirait plutôt dans une partie de Monopoly !

Pour s’en convaincre, un petit florilège des derniers changements :

Le département de justice et police était aussi celui des transports dans les années 1990, avant d’en être amputé, de devenir le département des « institutions » puis de redevenir le département de la sécurité mais aussi de… l’environnement qui est récemment repassé à la mobilité.
Le département des affaires sociales et de la santé en 1993 a perdu la santé en 2005 pour recevoir l’emploi, la santé ayant été transférée au département de… l’économie. Quant à l’aménagement et aux constructions, depuis 1993, ils ont un temps été réunis, pour être séparés, puis réunis à nouveau au sein du même département, en 2009.

En résumé, on l’aura compris, l’organisation de l’administration en départements est du seul ressort du Conseil d’Etat, qui fait un usage intensif de cette prérogative, certes traditionnelle d’un exécutif. Pour le parlement comme pour le citoyen lambda, il est quasi impossible de comprendre les motifs objectifs – lorsqu’il y en a – qui justifient ces bouleversements.

Le projet de loi dont il est question se propose de mettre fin à ces pratiques en fixant dans la loi les principes directeurs devant fonder l’organisation de l’Etat.
Il s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle Constitution qui détermine que toute modification de l’organisation des départements doit être soumise au parlement cantonal pour approbation.

Cette disposition constitutionnelle, qui est certes un pas en avant puisqu’elle permet au Grand Conseil de refuser une réorganisation par trop fantaisiste, ne va cependant pas assez loin : il ne suffit pas de sanctionner les dérives, il vaut mieux fixer une direction au départ !

Malheureusement, période électorale oblige, le parlement croule sous des projets, motions ou résolutions « urgentes » qui n’ont souvent d’urgent que le désir de faire parler de soi de leurs auteurs.

Résultat : le premier point de l’ordre du jour, pourtant si important à la veille de la prochaine réorganisation, ne sera, selon toute vraisemblance, pas abordé ce soir !

Dommage pour Genève !