30/01/2015

Et si la police redevenait sympathique ?

Je dois vous l'avouer, quand j'ai lu mercredi que la police nous préparait une grève du zèle je me suis dit :

« Y'en a marre ! Quand est-ce qu'ils vont arrêter de nous faire ch… ! »

Alors quand, hier, j'ai été abordé dans la rue par un homme souriant, en civil, qui m'a dit : « Bonjour ! C'est la police, vous prendrez bien un peu de chocolat ? » j'ai été, comme d'autres je suppose, agréablement surpris.

S'en est suivi un échange d'idées constructif lors duquel le policier m'a expliqué ses inquiétudes et sa révolte et lors duquel j'ai également pu lui dire ce que je pensais.

A la fin de l'entretien, je me suis dit que les syndicats de police avaient dû consulter des spécialistes en communication émotionnelle, les fameux « spin doctors », parce que là, franchement, ils ont fait tout juste !

police, LPOLAprès une grève des amendes, une grève de l'uniforme et du rasoir, des manifestations en uniforme et un défilé non autorisé toutes sirènes hurlantes, ces policiers, qui nous avaient habitués à mésuser de leur autorité et à bafouer l'image de leur corporation ont enfin choisi une approche intelligente et conviviale.

Je suis convaincu que cette action « de proximité », basée sur l'explication et le dialogue leur a rapporté plus de soutien populaire que toutes leurs précédentes gesticulations.

Elle leur a entre autre permis de prendre le pouls de l'opinion populaire et de mieux comprendre comment ils sont perçus par les genevois.

J'ai malheureusement dû déchanter en apprenant ce matin dans le journal que Christian Antonietti, dirigeant syndical des policiers, s'insurgeait contre le fait que la hiérarchie avait interdit une action plus musclée.

Pourtant, si j'avais été forcé de m'arrêter lors d'un contrôle routier par un policier dans le seul but de m'expliquer ses soucis et de me distribuer une barre chocolatée, je n'aurais pas du tout apprécié cet abus d'autorité.

Il est triste de constater que les dirigeants des syndicats de la police, obsédés par leurs rêves de manifestations grandiloquentes avec pancartes et mégaphone, ne sont même pas capables de se rendre compte quand ils gagnent des points !

Messieurs les policiers, je vous engage à réfléchir si vos représentants syndicaux, qui ont l'air de penser que la lutte dure est la seule solution, vous représentent vraiment.

Peut-être que pour obtenir des résultats, vous devriez commencer par élire à la tête de vos syndicats des gens moins bornés ?

11:28 Publié dans Genève | Tags : police, lpol | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2014

Mobilité: Et si on cherchait une solution ensemble?

Ce 2 décembre est à marquer d'une pierre blanche!

Dans son blog, René Longet, a fait un pas de géant en direction d'un consensus

ReneLonget.jpgParlant de la Traversée du Lac, l'ancien président du parti socialiste dit que "compléter l'autoroute de contournement de cette façon paraît, du moins sur la carte, relativement cohérent."

La formulation est précautionneuse, le phrasé méfiant, mais le fait est là: un peu plus loin dans son texte, M. Longet appelle la droite et la gauche à travailler ensemble pour élaborer une solution commune.

Ce ne serait que du blabla politique si nous n'avions pas, très prochainement, une occasion unique de mettre l'idée en pratique.

En effet, ce jeudi, sauf coup de théâtre, le Grand Conseil se prononcera en faveur de l'étude d'un contreprojet à l'IN 154 "Pour des transports publics plus rapides".

Cette initiative propose, pour résoudre les problèmes tout à fait réels des TPG, d'accorder une priorité absolue à ceux-ci sur l'ensemble du canton.

Comme beaucoup de récentes propositions roses-vertes, elle pêche cependant sur un point fondamental: la solution proposée ne tient absolument pas compte des autres modes de transports, notamment la mobilité individuelle motorisée, qu'elle risque de péjorer gravement. Celle-ci représente pourtant, et encore pour longtemps, le mode de déplacement majoritaire de la population du Grand Genève !

Je concède volontiers que certaines propositions de droite ne sont guère plus nuancées.

Avec le contreprojet, nous disposerons d'un an pour élaborer une proposition qui tiendra compte, je l'espère, de l'ensemble des modes de déplacement.

Les services de Luc Barthassat, qui planchent depuis quelques temps sur un projet de loi qui poursuivrait cet objectif, ont proposé par la voix de leur conseiller d'Etat, que celui-ci serve de base aux travaux des députés.

Bien que le projet ne soit aujourd'hui qu'au stade d'ébauche, il contient des orientations intéressantes, jugez-en vous-mêmes:

  • Définition de trois zones, hypercentre, centre et périphérie au traitement différencié
  • Dans l'hypercentre, la priorité serait clairement donnée aux transports publics et à la mobilité douce, mais l'accessibilité sera préservée, notamment pour les transports professionnels (livraisons)
  • Définition d'une "petite ceinture" permettant de contourner aisément l'hypercentre
  • Définition de pénétrantes dédiées, par mode, si possible en sens unique
  • Maintien d'un fort axe dédié au transport individuel sur le "U" lacustre (malheureux mais indispensable tant que l'on ne dispose pas d'un contournement autoroutier)

Ce ne sera pas facile, il y aura des couleuvres à avaler de part et d'autre, des modifications à apporter à cette ébauche, mais l'idée de base est d'élaborer un projet qui s'occupe de tous les modes de déplacement, un projet de mobilité globale.

Je terminerai ce billet par une citation de René Koechlin, ancien président du Grand Conseil:

"Lorsque la gauche et la droite marchent main dans la main, aucun obstacle ne leur résiste"

Pour lire le blog de René Longet cliquez ici : http://longet.blog.tdg.ch/archive/2014/11/30/grande-trave...

21/11/2014

Grève des TPG, la gauche croit-elle en ses propres discours?

Pourquoi la Gauche soutient-elle la grève?

une-greve-peut-en-cacher-une-autre.jpgUne grève préventive qui proteste contre des licenciements qui n'auront pas lieu ? Une grève qui risque d'être reconduite pour rien ? Pourtant, les initiants d'Ensemble à Gauche nous l'ont répété au cours de deux campagnes de votations :

« La baisse de tarifs entrainera une hausse de la fréquentation qui compensera largement le manque à gagner »

Alors, c'est vrai : s'il y a un manque à gagner dû à la baisse des tarifs, le contrat de prestation des TPG prévoit de d'optimiser certaines prestations, de réduire la fréquence sur des lignes sous-utilisées, voire d'en supprimer certaines. Ces mesures, conséquences indirectes et douloureuses de la volonté populaire, entraîneront, peut-être, des licenciements d'ici fin 2015, c'est vrai aussi. Mais enfin ! Selon les propres arguments des initiants, s'il n'y a pas de manque à gagner et qu'en plus, la fréquentation grimpe en flèche, on ne va licencier personne ! Il faudra au contraire engager du monde pour répondre à la demande !

A moins, évidemment, que la gauche n'ait jamais cru à ses propres promesses, à ses propres arguments de vente…

Et quelle est selon eux la solution ? Augmenter la subvention des TPG. En d'autres termes, reprendre dans la poche du client-contribuable le cadeau qu'on vient de lui offrir !

08:44 Publié dans Mobilité | Tags : tpg, grève | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2014

Les Verts, tous des fundi?

Vous savez ce que l’on dit des musulmans : dans leur immense majorité, ce sont des gens comme vous et moi, pas des terroristes. Eh bien j’espère que l’on puisse dire la même chose des Verts : tous ne sont pas des intégristes !

Je peux comprendre que l’on n’aime pas les voitures, que l’on veuille réduire leurs nuisances, que l’on soit soucieux d’écologie et que l’on veuille préserver notre environnement pour les générations futures.

antibagnole.jpgMais quand j’entends ce soir sur Léman Bleu la présidente des Verts genevois agir comme si les voitures allaient disparaître et déterminer sa politique de la mobilité en fonction de cet axiome, je me dis que ce n’est pas possible :

Tous les Verts ne peuvent pas faire preuve d’un tel aveuglement !

Qu’on le veuille ou non, la voiture reste le principal mode de déplacement dès que l’on sort des concentrations urbaines où la couverture en transports publics est, nécessairement, moins bonne.
Qu’on le veuille ou non, Genève constitue un pôle d’attraction qui dépasse largement nos frontières. Il n’y donc rien d’étonnant à ce qu’elle attire énormément de voitures.

Pour autant, le rêve des Verts n’est pas irréalisable : on peut construire un centre-ville où les principaux modes de déplacement seraient doux ou/et publics.

Mais on ne peut pas tout simplement le décréter !

On ne peut pas tout simplement agir comme si les voitures n’existaient pas ou espérer les chasser en leur rendant la circulation impossible. Il faut prendre en considération le problème et lui trouver une solution.
Les villes qui ont réussi cette transformation l’ont toutes fait : il est plus facile pour le trafic de transit de les contourner que d’y pénétrer.

Alors je lance un appel :

  • Aux Verts qui ne croient pas que les problèmes disparaissent simplement parce qu’ils le veulent assez fort.
  • Aux Verts qui ne sont pas prêts à jeter aux orties les propositions du Conseil d’Etat sans les examiner d’abord en profondeur
  • Aux Verts qui comprennent que selon toutes les prévisions de mobilité, le trafic individuel va augmenter que l’on trouve cela désirable ou non
  • Aux Verts qui sont d’accord que pour cheminer vers un idéal, il faut partir de la réalité existante, pas de ce que l’on espère qu’elle soit

A ces Verts là je dis :

« Examinez la proposition de Traversée du Lac du Conseil d’Etat, soyez critiques, proposez des modifications ou des améliorations, mais pour l’amour de Genève, ne la rejetez pas sans la lire car en proposant une réduction de 30% du trafic au centre-ville, elle représente probablement LA SOLUTION qui vous permettra de vous approcher de votre idéal urbain »

TLAC - RSTLAC - PA

09/09/2014

Petite traversée de la rade, et si on parlait du financement ?

1’200 millions à trouver et dépenser en 6 ans !

1,2 milliards! Je ne sais pas si ce chiffre vous parle et si vous le comprenez réellement, moi j’avoue que j’ai de la peine.

Pour mieux saisir ce que représente un milliard essayons quelques comparaisons :

  • 1 milliard de secondes représentent 31.7 ans
  • 1.06 milliard de minutes se sont écoulées depuis la naissance de Jésus Christ
  • Il y a 1 milliard d’heures, les hommes de Néanderthal chassaient le mammouth
  • Si on tondait tous les habitants de Plan-les-Ouates, on récolterait à peu près 1,2 milliard de cheveux

Alors c’est vrai, les initiants et le TCS coupent les cheveux en quatre en divisant ce montant par deux : ils parlent de 660 millions.

Soit. Mais ça fait toujours beaucoup de cheveux !

Pour la petite traversée de la rade, la Confédération a dit qu’elle ne mettrait pas un centime : c’est un projet de portée uniquement locale.

Il reste donc 3 sources de financement :

  • L’augmentation d’impôts pure et simple
    (illusoire dans le canton ou l’on paie les impôts les plus élevés de Suisse)
  • Mettre en veille d’autres projets pour financer la petite traversée de la rade ou réduire des prestations dans d’autres domaines
    (bonne chance avec ça : on voit comment les Genevois réagissent dès que l’on touche au moindre de leurs « acquis »)
  • Un partenariat public-privé (PPP)

Mais le PPP pose plusieurs problèmes.

Même en admettant que l’on trouve des partenaires intéressés à ce type de financement et que les genevois acceptent de payer entre Fr. 4.- et 8.- pour franchir un ouvrage de 600m situé en centre-ville et que la confédération donne son feu vert au principe d’un péage en agglomération, il reste un problème de taille :

L’implantation des gares de péage !

traversée de la radeAfin de ne pas ralentir le trafic, les français mettent sur leurs autoroutes entre 2 et 3 guichets de péage par voie soit une largeur de 4 à 6 voies à chaque extrémité pour un tunnel de 2×2 voies !

Evidemment, une telle emprise sur l’espace public est inimaginable. Néanmoins on n’échappera pas à une largeur d’au moins 2 voies : une pour les abonnés avec un système genre télépéage et l’autre pour les gens qui doivent payer en cash.

Comme les initiants vantent l’emprise minimale des trémies d’accès sur les voies de circulation existantes, ils comptent les faire où leurs gares de péage ?

A chaque entrée du rond-point souterrain prévu sous le parc des Eaux-Vives ?

L’extraordinaire dessin d’Herrmann dans la Tdg du 3.09.2014, que je me suis permis de reproduire ci-dessus, n’illustre malheureusement même pas ce qui nous attend :

Les entrées de la traversée de la rade risquent plus de ressembler à l’entrée du parking sous-lacustre : un tunnel d’une voie avec une barrière au bout !

Autant pour la fluidité du trafic !