25/09/2013

Le PPP, sauveur de Mobilités 2030 ? Pas du tout !

En démontrant la faisabilité d’unTraversée du Lac.jpg

partenariat public-privé (PPP)

pour financer la Traversée du

Lac les milieux patronaux volent

au secours du plan Mobilités 2030.

 

Non ! répond Michèle Künzler.

Trois heures à peine après la conférence de presse organisée par les milieux économiques, la Conseillère d’Etat en charge de la mobilité genevoise nous répond :

  1. La priorité c’est l’élargissement du contournement autoroutier
  2. Nous envoyons un mauvais message à Berne qui risque de remettre en question le financement fédéral de cette traversée
  3. C’est trop cher

Si on reprend ses arguments un par un, ils ne tiennent pas la route, c’est le cas de le dire :

  1. L’élargissement de l’autoroute de contournement est indispensable et c’est un projet fédéral de priorité 1, il se fera donc de toute manière
  2. Pour ce qui est du message envoyé à Berne, Genève en a, elle, reçu un très clair en provenance de la capitale : le Conseil des Etats et le Conseil National ont tous deux refusé de considérer que la Traversée du lac est un projet prioritaire.
    Traduction : « Voui, voui, on la fera, quelque part entre 2050 et 2080… »
  3. C’est sûr que de ne pas faire de traversée du tout couterait moins cher en termes d’investissements. Pour ce qui est du coût de l’immobilité pour l’économie genevoise, je ne pense pas que la verte conseillère l’ait pris en compte dans ses calculs…

Mais le cœur du problème n’est pas là : en réagissant si rapidement, la Conseillère d’Etat démontre qu’elle ne nous livre que son opinion personnelle et non celle du Conseil d’Etat. Impossible en effet de prendre connaissance de tous les tenants et aboutissant de l’étude et de consulter ses collègues en trois heures!

Cette réaction soulève également de nombreuses questions sur l’agenda caché des Verts. En effet, aussi bien le Plan Directeur Cantonal que la stratégie « Mobilités 2030 » du Conseil d’Etat intègrent la réalisation d’une Traversé du Lac à l’horizon 2030 comme une clé de voûte de la future mobilité genevoise.

La proposition des milieux économiques, financiers et patronaux devrait donc apparaître comme une bouée de sauvetage pour ces planifications, remises en cause par le «NEIN» sec et sonnant de la Berne fédérale.

La seule manière d’expliquer la réaction irréfléchie de la Conseillère d’Etat, c’est de considérer qu’en fait la situation actuelle l’arrange…

En effet, la stratégie Mobilités 2030 peut être décomposée en deux volets :

  1. Un catalogue de mesures préconisant notamment d’importantes réductions de trafic au centre-ville
  2. Une Traversée du Lac

Le premier volet, cher au cœur des Verts, se concentre avant tout sur la qualité de vie des habitants du Canton et sur la préservation de l’environnement.
Ce volet est nécessaire mais DOIT être accompagné d’une alternative pour les activités économiques sous peine d’asphyxier Genève. La santé économique du Canton est un élément aussi important de notre qualité de vie qu’un environnement agréable.

Sans traversée du Lac, Mobilités 2030 n’est plus qu’un programme de décroissance pour Genève!

Je conjure donc nos autorités de se montrer plus constructives que Mme Künzler, et d’examiner attentivement la proposition des milieux économiques.

20/09/2013

Le projet de loi que Grand Conseil ne traitera pas ce soir…

Au premier point de l’ordre du jour normal (hors urgences), figure un important projet de loi (le PL 10997) qui définit des lignes directrices pour l’organisation des départements de l’administration publique.

Depuis de nombreuses années, il est devenu presque coutumier de chambouler l’organigramme au début de chaque nouvelle législature. Coûts inutiles, transparence réduite, cohérence douteuse, tels sont les désavantages de cette pratique bien genevoise.

Monopoly-small.jpgJusqu’à maintenant les départements étaient réorganisés au gré des préférences des nouveaux élus suite à d’obscures tractations entre eux. On ne peut pas dire que ces réorganisations correspondent à une quelconque logique, on se croirait plutôt dans une partie de Monopoly !

Pour s’en convaincre, un petit florilège des derniers changements :

Le département de justice et police était aussi celui des transports dans les années 1990, avant d’en être amputé, de devenir le département des « institutions » puis de redevenir le département de la sécurité mais aussi de… l’environnement qui est récemment repassé à la mobilité.
Le département des affaires sociales et de la santé en 1993 a perdu la santé en 2005 pour recevoir l’emploi, la santé ayant été transférée au département de… l’économie. Quant à l’aménagement et aux constructions, depuis 1993, ils ont un temps été réunis, pour être séparés, puis réunis à nouveau au sein du même département, en 2009.

En résumé, on l’aura compris, l’organisation de l’administration en départements est du seul ressort du Conseil d’Etat, qui fait un usage intensif de cette prérogative, certes traditionnelle d’un exécutif. Pour le parlement comme pour le citoyen lambda, il est quasi impossible de comprendre les motifs objectifs – lorsqu’il y en a – qui justifient ces bouleversements.

Le projet de loi dont il est question se propose de mettre fin à ces pratiques en fixant dans la loi les principes directeurs devant fonder l’organisation de l’Etat.
Il s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle Constitution qui détermine que toute modification de l’organisation des départements doit être soumise au parlement cantonal pour approbation.

Cette disposition constitutionnelle, qui est certes un pas en avant puisqu’elle permet au Grand Conseil de refuser une réorganisation par trop fantaisiste, ne va cependant pas assez loin : il ne suffit pas de sanctionner les dérives, il vaut mieux fixer une direction au départ !

Malheureusement, période électorale oblige, le parlement croule sous des projets, motions ou résolutions « urgentes » qui n’ont souvent d’urgent que le désir de faire parler de soi de leurs auteurs.

Résultat : le premier point de l’ordre du jour, pourtant si important à la veille de la prochaine réorganisation, ne sera, selon toute vraisemblance, pas abordé ce soir !

Dommage pour Genève !

Les taxis seraient-il au dessus des lois?

«Sans l’aval de la profession, cette loi n’a pas la moindre chance de fonctionner»

taxi jaune, taxi bleuC’est ce que dit en substance Pierre Jenni, président de Taxiphone et candidat indépendant au Conseil d’Etat dans un article de la Tribune de Genève d’hier sur la grève des taxis organisée par ce même candidat en mal de visibilité.

A l’entendre, on pourrait croire que les taxis ne respectent que les lois qu’ils choisissent eux-même!

Pour ma part je ne partage pas son avis et reste convaincus que les chauffeurs de taxi ne sont pas des voyous.

Et pourquoi tout ce ramdam? Pourquoi une « grève préventive »?

Parce que, soit disant, la commission des transports du Grand Conseil n’aurait pas pris en compte les desiderata de sa corporation dans l’élaboration de la 3ème révision de la loi sur les taxis.

Le problème c’est que les taxis ne parlent pas d’une seule voix: il y a les bleus, les jaunes, aux intérêts divergents et même à l’intérieur de ces grandes catégories il y a plusieurs associations qui ne revendiquent pas toujours la même chose.

La commission des transports a néanmoins auditionné des représentants de toutes ces associations, des représentants de l’hôtellerie, du tourisme et de tous les milieux concernés. Elle a ensuite pris ses responsabilités et élaboré une mouture de cette loi qui prenne en compte non seulement les revendications, certes légitimes des chauffeurs, mais également les intérêts des utilisateurs et clients.

C’est cette loi, qui sera vraisemblablement à l’ordre du jour de la prochaine session du Grand Conseil, que M. Jenni conteste, sans l’avoir lue, comme il le concède lui même puisque son contenu n’est pas encore officel !

Electoralisme quand tu nous tiens…

11:57 Publié dans Mobilité | Tags : taxi, jenni, grève | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

12/09/2013

La question de la prostitution des jeunes bientôt résolue !??

C’est fou ce que notre avis devient important quand on est candidat !

la-paperasse-saccumule-1024x682.jpgSoudainement, une foultitude d’associations et de groupements, dont, pour certains, nous ignorions jusqu’à l’existence, nous adresse une piles de questionnaires.

Chacun aimerait savoir si nous soutenons leurs valeurs, si nous sommes en accord avec leurs projets.

Si nous donnons « les bonnes réponses », on nous fait miroiter un soutien sur la liste de recommandations qui sera publiée dans le journal de l’association, voire dans la presse.

Le dilemme se pose lorsqu’on reçoit un questionnaire d’une association dont on ne partage que peu ou pas du tout les idées. Nous voilà confrontés à 3 choix :

  1. Ne pas répondre, puisqu’on n’a aucune chance d’être soutenu
  2. Leur dire ce qu’ils veulent entendre, dans l’espoir de gagner en visibilité. C’est tentant lorsqu’on se rappelle qu’il y a 476 candidats pour 100 sièges. C’est peut-être un peu démago mais, après tout, «les promesses rendent les fous joyeux» !
  3. Répondre honnêtement, en se disant qu’à défaut d’être soutenu, on les informera au moins que tout le monde ne partage pas leurs idées.

C’est cette dernière option que j’ai choisie. Cela ne m’apportera pas forcément des voix mais aura au moins l’avantage de me positionner clairement et en toute transparence.

C’est donc dans cet esprit que j’ai répondu au questionnaire du Parti Evangélique Genevois (PEV).

Quelle n’a été ma surprise de recevoir, lundi, un appel d’une journaliste qui était intriguée par l’une de mes réponses (voir l’article de la TdG). Je suis en effet l’un des seuls candidats à avoir répondu « non » à la question suivante :

Vous engagez-vous à proposer des mesures concrètes offrant une alternative aux jeunes de moins de 25 ans pour sortir de la prostitution ?

J’ai répondu à la journaliste que j’étais évidemment tout à fait favorable au fait que des jeunes de cet âge disposent d’autres choix que la prostitution et que je soutiendrai tout projet allant dans ce sens.

Si j’ai répondu « non », c’est parce que je ne peux pas « m’engager à proposer des mesures concrètes » dans un domaine auquel je ne connais rien…

Je me réjouis en revanche que la question des prostitués de moins de 25 ans soit en passe d’être définitivement résolue à Genève :

Comment pourrait-il en être autrement, puisque les 47 autres candidats ayant répondu au questionnaire vont, dès leur élection, « proposer des mesures concrètes » allant dans ce sens ?

A bon entendeur…

22/08/2013

1:12 pour une vraie société à 2 vitesses !

Sympathique cette initiative 1:12 ?

L'argument est percutant:

"Personne dans mon entreprise n’a le droit de gagner en un mois ce que je mets un an à gagner. Quoi de plus simple, quoi de plus logique ? …et puis on en a marre de ces rémunérations outrageuses de 72 millions !"

Si le salaire le plus bas de ma société est de 4'500.-/mois, cela signifie que le salaire le plus haut est plafonné à ~650'000.-/an.

En ce qui me concerne, l’initiative me laisse une jolie marge de progression !

Mais …car il y a un "mais", si l’initiative passe, qu’adviendra-t-il dans d’autres sociétés ?

Sans aborder le problème des rémunérations excessives, qui se chiffrent parfois en dizaines de millions par année, quid des patrons ou des hauts cadres qui touchent des salaires / primes de 1, 2 ou 3 millions par an, ce qui reste relativement courant?

tortue-courses-lievre.jpgDans les multinationales, la solution est toute trouvée : délocalisation immédiate du siège de l’entreprise à l’étranger.

Une perspective qui aura pour conséquences des pertes fiscales pour les communes de résidence des hauts cadres et un coup de frein au développement de l’entreprise sur le territoire suisse.

Oui, me répondront les partisans de l’initiative, mais il reste beaucoup de sociétés qui ne pourront pas se délocaliser car leur marché est ici. Pas faux.

Il faudrait juste que ces doux rêveurs m’expliquent ce qu’il s’imaginent qui va se passer :

  • Si le patron gagne par ex. 1,5 millions/an, pensent-ils réellement que pour préserver son niveau de vie il va payer son technicien de surface ou la caissière de la cafétéria à plus de 10'000.-/mois ?
  • Ou alors espèrent-ils que par souci d’équité ce patron exemplaire va accepter une diminution de plus moitié de son train de vie pour ne toucher plus que 650'000.-/an ?

La nature humaine étant ce qu’elle est, je pense plutôt qu’il va réfléchir à des solutions alternatives.

On pourrait par exemple imaginer que l’ensemble des cadres supérieurs soient externalisés et deviennent des consultants.
Une autre solution plus probable : externaliser l’ensemble des emplois peu qualifiés en les confiant à des sous-traitants.

Dans certains cas, la société pourrait être scindée en deux : d’un côté une petite structure n’occupant que des cadres de haut niveau qui s’occupent de gestion et de vente et de l’autre côté une société s’occupant exclusivement de la production qui serait liée à la première par un contrat d’exclusivité à toute épreuve.

Les solutions pour contourner cette loi ridicule sont légion, et le seul effet concret de l’initiative sera d’enrichir les notaires et les avocats tout en précarisant encore un peu plus les bas salaires et les emplois peu qualifiés.

Si vous ne voulez pas d’une société à deux vitesses :

REFUSEZ CETTE INITIATIVE QUI S’ATTAQUE AUX FONDEMENTS DE NOTRE PROSPERITE

 

Licencier et sous-traiter.jpg