28/03/2017

L’incroyable business des #fakenews

J’ai toujours cru que les fausses nouvelles étaient orchestrées par d’obscurs groupements politiques aux sombres desseins. La réalité est encore pire !

Au départ c’est un innocent post Facebook de la députée Magali Orsini qui m’a fait réagir : Crocodile découvert dans le Lac Léman !

Crocodile-magali.jpgLe lien pointait vers un article du site actualite.co.

On en voit beaucoup sur Facebook, de ces sites, aux noms apparemment légitimes mais que personne ne peut relier à un organe de presse ou d’information reconnu.

Souvent, ils colportent des messages de haine, ou alors, des news destinées à attiser celle-ci.

Je savais donc que j’avais affaire à un #fake mais aujourd’hui, la curiosité m’a poussé à creuser plus loin.

 

Ce que j’ai découvert m’a laissé sans voix !

Saviez-vous que des news comme celle du crocodile, vous pouvez les créer vous-mêmes en 5 minutes?

actualite.jpgVisitons le site actualite.co. La page d’accueil est explicite :

« Crée ta blague rapidement » !

N’importe qui peut donc, gratuitement, créer sa fausse actualité, la publier sur les réseaux sociaux, créer des réactions, lancer des rumeurs…

Ce site là a encore l’air d’être relativement innocent, on parle de blagues et on affirme que les propos racistes et haineux sont prohibés.

Mais cette première découverte m’a donné envie d’en savoir plus.

Je me suis donc focalisé sur les élections américaines, où l’on a beaucoup entendu parler de l’influence des fake news. Quelques clics sur Google m’ont permis de découvrir qu’un bon nombre des sites répertoriés comme colporteurs de fake news pendant la présidentielle étaient enregistrés au nom d’un certain Jestin Coler.

La journaliste radio Laura Sydell a suivi en novembre dernier le même raisonnement que moi, et a poursuivi M. Coler jusque dans la banlieue de Los Angeles, où il résidait.

Cet homme, qu’elle qualifie de « parrain du business des fake news » , a créé et dirige depuis 2013 Disinfomedia, une compagnie qui possède les sites NationalReport.net (toujours actif) et USAToday.com.co, WashingtonPost.com.co (aujourd’hui hors ligne) ainsi que de nombreux autres.

Jestin-Coler.jpgCertains de ses sites ont publié pendant la campagne présidentielle de fausses informations qui sont devenues virales par la suite.

Il y a eu celle qui affirmait que « Un agent du FBI ayant révélé des emails de Clinton a été retrouvé mort dans des circonstances suspectes ».
Complètement fausse mais partagée plus d’un demi million de fois sur Facebook.

Une autre de ses fausses infos a même poussé un élu du Colorado à proposer un projet de loi pour « Empêcher les gens bénéficiant de bons d’alimentation de l’assistance publique d’utiliser ceux-ci pour acheter de la marijuana », le tout, là aussi, basé sur quelque chose qui n’est jamais arrivé !

Les motivations de départ de M. Coler, qui vote démocrate, étaient louables :

Son intention était de créer des fausses nouvelles haineuses, de les propager sur les réseaux sociaux de l’alt-right, l’extrême droite américaine, pour démontrer à quel point il est facile d’influencer ces gens-là.
 Il voulait, en dénonçant ensuite publiquement ses propres fausses nouvelles, révéler le potentiel de manipulation de l’opinion dans l’extrême droite.

L’interview montre que, quelque part en chemin, les belles motivations idéalistes se sont évaporées. Le succès de ses fausses nouvelles auprès d’une certaine frange de la population, qui en est carrément avide, a dépassé toutes ses espérances.

Aujourd’hui M. Coler ne s’embarrasse plus de considérations morales : sa compagnie emploie environ 25 rédacteurs et il vit confortablement (un salaire entre $ 10’000 et $ 30’000 par mois) grâce aux royalties engrangées par les clics sur les publicités de ses sites web. Il sert aux gens « ce qu’ils veulent entendre ». Plus la nouvelle est outrageuse, plus elle sera partagée, plus il y aura de clics.

Selon son propre aveu il a même essayé d’écrire des fausses nouvelles pour les libéraux mais cela n’a pas pris, « ils refusent de tomber dans le panneau ».

La surprenante conclusion de mon « enquête » est que si, aujourd’hui, nous sommes envahis de fausses informations, la plupart d’entre elles ne sont même pas rédigées dans l’intention de convaincre qui que ce soit!

La seule motivation c’est le nombre de partages, le nombre de clics.

Le seul but est de faire de l’argent.

…et ce n’est quand même pas la faute des rédacteurs de fausses nouvelles si leurs meilleurs « clients » sont les extrémistes de tout poil!

Alors demain, quand vous lirez une nouvelle trop belle pour être vraie, une nouvelle qui illustre parfaitement vos idées les plus intolérantes, avant de la partager, posez-vous la question…

Fake-News-Key-Board-Computer-900-1.jpg

02/09/2012

On ne s'ennuie plus assez!

C’est particulièrement vrai chez nos jeunes qui sont capables de surfer sur Internet en ayant un vidéo-chat ouvert avec un ami tout en allumant la télé pour avoir un bruit de fond…

Comment voulez-vous vous ennuyer correctement alors que les stimulations en tous genres abondent autour de nous !

jeune-fille-qui-s'ennuie.jpgC’est là l’un des plus graves défauts, à mon sens, de notre monde hyper-connecté. Dès qu’on a un moment, que ce soit dans la salle d’attente du médecin ou lors d’un trajet en bus, pourquoi laisser vagabonder nos pensées alors qu’on pourrait lire nos emails, voir les dernières actualités facebook ou jouer à un petit jeu idiot sur notre téléphone.

J’en suis moi-même victime lorsque j’expédie mes téléphones pendant mes trajets en voiture.

Cet été, mon fils s’est cassé le bras, ce qui a drastiquement restreint ses choix de loisirs. Du coup, il s’est rabattu sur le monde électronique, la télé, les jeux en ligne, etc…
Malgré ces « circonstances atténuantes » j’ai trouvé qu’il y passait quand même trop de temps et j’ai fini par drastiquement réduire sa consommation.

La conversation qui s’en est suivi est édifiante :

– Eh, j’ai plus accès à Internet, pourquoi t’as fait ca ? C’est nul !

– Je trouve que tu y passes trop de temps, sors un peu, vois tes copains, range ta chambre, je ne sais pas moi, trouve-toi quelque chose à faire !

– Mes copains, y sont tous en vacances ou à la piscine, kes tu veux que je fasse ?

– Appelle ceux qui sont là, prends rendez-vous, propose-leur de les voir, ce n’est pas en restant planté devant ton ordi que tu vas créer des relations…

– Tu comprends RIEN ! T’es NUL ! Je m’ennuiiiiiiiiiie………

Ça m’a fait remonter dans le temps, me rappeler ce que MOI je faisais pendant ces longues vacances d’été lorsque la plupart des copains étaient en vacances et pas moi. Je me suis rendu compte que moi aussi, par moments, je me suis terriblement ennuyé. Cependant comme je n’avais pas de monde électronique à ma disposition, que les bouquins ça va un moment,mais bon… je sortais, je traînais dehors, j’allais m’asseoir quelque part et je laissais mes pensées vagabonder. Parfois nous étions plusieurs à ne pas avoir d’idée précise, de programme pour la journée.

C’est souvent dans ces moments d’ennui collectif ou solitaire, que sont nés de belles idées, des projets, des envies qui m’ont fait aller de l’avant. Ces moments où le cerveau, sans contrainte, cherche des occupations, des activités auxquelles on n’aurait pas pensé normalement.

Je pense que l’ennui et la créativité sont d’une certaine façon liés et que c’est lorsque le cerveau débranche que l’on peut emprunter de nouveaux chemins…

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Retrouvez mes autres billets sur mon blog http://www.daniel-zaugg.ch

15/02/2012

6 semaines de vacances pour tous !

Ca fait rêver c'est sûr, mais la potion risque d'être amère pour certains.

Examinons un peu les conséquences d'une telle décision :

Concrètement, pour les entreprises, il s'agit d'une augmentation d'un demi-salaire mensuel par employé. Il s'agit également d'un nouveau poste de travail à créer pour chaque tranche de 24 employés.

Bon pour résorber le chômage, diront certains ! Le hic, c'est que toutes ces charges supplémentaires, les entreprises devront les payer juste pour préserver la productivité qu'elles avaient avant.

Peut-être que certains grand groupes à forte valeur ajoutée peuvent se le permettre, mais que feront les PME qui composent le 90% du tissu économique suisse ? Que feront les PME qui luttent au quotidien contre les effets du franc fort, contre les charges déjà importantes qui leur sont imposées et contre le spectre de la récession économique qui menace l'Europe tout entière ?

Certaines fermeront, purement et simplement, incapables qu'elles seront d'assumer ces charges supplémentaires et le casse-tête des vacances d'été.

sciebranche.jpgD'autres demanderont à leurs employés de faire plus avec moins pour compenser la perte de productivité : Vos deux  semaines de vacances gagnées risquent fort de se payer par des mois de galère pour faire le boulot des collègues pendant qu'EUX seront en vacances.

Enfin, les entreprises qui survivront augmenteront leur prix en même temps qu'elles gèleront les salaires pour essayer de compenser la perte engendrée par cette initiative.

On risque donc de se retrouver avec une inflation en même temps qu'une baisse du pouvoir d'achat des particuliers, le tout agrémenté d'une augmentation du chômage.

Les 6 semaines de vacances, on les passera à la maison, parce qu'on a de toute façon plus les moyens de partir.
Verra-t-on se développer une économie parallèle de petits boulots au noir accomplis par des gens en vacances pour arrondir leur fins de mois ? 

23/02/2011

Score: 2-98, avantage buvette !

9 interviews téléphoniques,

6 articles dans divers journaux romands au cours de la semaine écoulée,

de mémoire de député, je n'ai jamais été autant sollicité par la presse sur un seul et même sujet...

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