09/10/2013

Initiative 1:12, chez les socialistes, la délocalisation a commencé

L’une des grandes craintes des opposants à l’initiative 1:12 c’est que les entreprises délocalisent.

Une délocalisation, non pas de leur production, mais de leur direction, afin de pouvoir continuer à verser des salaires élevés à leurs hauts cadres.

Les socialistes n’ont jamais cru à ce scénario. C’est peut-être pour le démontrer qu’ils ont décidé, eux, de délocaliser la production de leurs drapeaux en Chine…

 Drapeaux-1-12.jpg

Pour ma part je trouve cela assez piquant: Voilà un parti qui défend becs et ongles les travailleurs suisses. Si quelqu’un leur parle de la cherté de la main d’oeuvre suisse ils répondent que ce n’est pas un problème, YAKA payer un peu plus, la protection des travailleurs est à ce prix.
Et, jusqu’à un certain point, je suis d’accord avec eux !

En revanche, lorsqu’il s’agit de leur propres finances, il n’y a plus personne! Que ce soit au niveau suisse pour l’initiative 1:12 ou au niveau genevois pour leurs élections (voir à ce sujet mon article du 8 février) ils n’hésitent pas à acheter chinois!

Ça ne me choquerait pas autant si ce parti ne confondait pas à longueur d’année le Grand Conseil Genevois avec une sorte de Parlement Mondial qui serait en charge de résoudre l’ensemble des maux de la planète.

Que les incrédules se fassent leur propre opinion, voici quelques-uns des objets déposés par les socialistes ces dernières années. N’hésitez pas à cliquer sur les liens pour vous faire une idée de leur contenu:

Je ne conteste pas qu’il y ait des problèmes, parfois dramatiques, dans certains de ces pays. En revanche, j’estime que ce n’est pas le rôle du Parlement Genevois de les résoudre: le peuple ne nous a pas élu pour ça et en plus, nous n’en avons tout simplement pas le pouvoir.

Alors mesdames et messieurs les socialistes, avant de donner des leçons aux autres, balayez donc un peu devant votre porte!

22/08/2013

1:12 pour une vraie société à 2 vitesses !

Sympathique cette initiative 1:12 ?

L'argument est percutant:

"Personne dans mon entreprise n’a le droit de gagner en un mois ce que je mets un an à gagner. Quoi de plus simple, quoi de plus logique ? …et puis on en a marre de ces rémunérations outrageuses de 72 millions !"

Si le salaire le plus bas de ma société est de 4'500.-/mois, cela signifie que le salaire le plus haut est plafonné à ~650'000.-/an.

En ce qui me concerne, l’initiative me laisse une jolie marge de progression !

Mais …car il y a un "mais", si l’initiative passe, qu’adviendra-t-il dans d’autres sociétés ?

Sans aborder le problème des rémunérations excessives, qui se chiffrent parfois en dizaines de millions par année, quid des patrons ou des hauts cadres qui touchent des salaires / primes de 1, 2 ou 3 millions par an, ce qui reste relativement courant?

tortue-courses-lievre.jpgDans les multinationales, la solution est toute trouvée : délocalisation immédiate du siège de l’entreprise à l’étranger.

Une perspective qui aura pour conséquences des pertes fiscales pour les communes de résidence des hauts cadres et un coup de frein au développement de l’entreprise sur le territoire suisse.

Oui, me répondront les partisans de l’initiative, mais il reste beaucoup de sociétés qui ne pourront pas se délocaliser car leur marché est ici. Pas faux.

Il faudrait juste que ces doux rêveurs m’expliquent ce qu’il s’imaginent qui va se passer :

  • Si le patron gagne par ex. 1,5 millions/an, pensent-ils réellement que pour préserver son niveau de vie il va payer son technicien de surface ou la caissière de la cafétéria à plus de 10'000.-/mois ?
  • Ou alors espèrent-ils que par souci d’équité ce patron exemplaire va accepter une diminution de plus moitié de son train de vie pour ne toucher plus que 650'000.-/an ?

La nature humaine étant ce qu’elle est, je pense plutôt qu’il va réfléchir à des solutions alternatives.

On pourrait par exemple imaginer que l’ensemble des cadres supérieurs soient externalisés et deviennent des consultants.
Une autre solution plus probable : externaliser l’ensemble des emplois peu qualifiés en les confiant à des sous-traitants.

Dans certains cas, la société pourrait être scindée en deux : d’un côté une petite structure n’occupant que des cadres de haut niveau qui s’occupent de gestion et de vente et de l’autre côté une société s’occupant exclusivement de la production qui serait liée à la première par un contrat d’exclusivité à toute épreuve.

Les solutions pour contourner cette loi ridicule sont légion, et le seul effet concret de l’initiative sera d’enrichir les notaires et les avocats tout en précarisant encore un peu plus les bas salaires et les emplois peu qualifiés.

Si vous ne voulez pas d’une société à deux vitesses :

REFUSEZ CETTE INITIATIVE QUI S’ATTAQUE AUX FONDEMENTS DE NOTRE PROSPERITE

 

Licencier et sous-traiter.jpg